LES BANLIEUES : A quand le " plan Marshall " ?
" C'est la guerre " crient certains jeunes, ceux, peut- être, qui ont brûlé les écoles, une bibliothèque , des magasins à Villiers - le - bel.Mais il n'y a pas que la mort de ces deux adolescents ; plus de 40 jeunes ont été tué par d'autres jeunes.
Pourtant les banlieues , ce ne sont au total que 5 millions d'habitants , 8 % de la population, et dans cette population seulement quelques centaines de jeunes qui passent à l'acte. Mais la violence augmente , elle est quotidienne, fait partie de la vie, c'est un fait.
A-t-on avancé depuis 2005 ?
Comme le dit la Cour des comptes : les mesures s'empilent et deviennent illisibles.
Fadéla Amara l'exprime ainsi : " Au fil des années on a empilé des dispositifs sans faire de vrais bilans, sans se fixer des priorités, dans le seul but de montrer qu'on s'occupait des quartiers.
Les résultats on les connait depuis longtemps : - une politique de la ville compliquée, illisible : des sigles en pagaille, faits pour et par des énarques. Des zonages superposés qui ne veulent plus rien dire, tellement nombreux qu'on ne sait pas quels sont les sites prioritaires, sur lesquels il faut mettre le paquet.
Des acteurs trop nombreux qui se marchent sur les pieds.
Une culture de l'évaluation quasi inexistante, etc...etc...
Le rapport de la Cour des comptes a dénoncé tout cela.
Le président de la république veut engager " un plan Marshall pour les banlieues ".( IL EST TEMPS ! )
Elle énumère ensuite 3 propositions : - L'accès à l'emploi : il faut mobiliser tous les dispositifs d'aide à l'emploi. Il y en a plus d'une vingtaine.
- L'ouverture des quartiers : casser l'enfermement des quartiers;
- L'éducation : formation qualifiante.
Responsabiliser davantage les associations, renforcer l'évaluation annuelle et le partenariat. "
Fadéla Amara a demandé aux préfets d'organiser 300 rencontres territoriales dans tout le pays et l'outre mer " qui doivent être l'occassion d'une grande expression populaire ".
Tout ça c'est très bien, mais le collectif " AC le feu " avait déjà parcouru toute la France et remis aux députés les " Cahiers de doléance " des habitants des banlieues . Qui les a écouté ?
Dans ce pays où les inégalités sociales se sont creusées depuis 30 ans ; dans cette société fermée ou l'ascenceur social est déjà en panne à l'école maternelle : les jeunes de banlieue , une partie des salariés, une partie des étudiants , les pauvres, tous sont exclus des décisions qui les concernent et qui se prennent pour eux , sans eux.
Il est temps que le gouvernement prenne leur parole , leur souffrance , en compte.
Leur révolte , elle est aussi contre cette société sclérosée, verrouillée , de l'entre soi, du refus de l'autre, de l'indifférence et de l'injustice. Les jeunes de banlieues ne sont que le révélateur des problèmes que nous refusons de traiter.
Une parenthèse : j'ai retenu deux réflexions de jeunes lors de reportages à la télévision, 6 mois après les " émeutes " de 2005. L'un sortait de l'ANPE sans avoir eu une seule proposition d'emploi ni de formation, le deuxième disait au maire d'une commune : " laissez nous faire la loi chez nous " . ces deux réflexions résument bien la situation . Il faudra reparler de la police, mais ce soir ce serait trop long.
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