Discours sur l'école ( suite )

Publié le par roselyne

Il est urgent désormais de réfléchir à l'avenir du lycée.
Chacun doit pouvoir construire un parcours d'excellence adapté à ce qu'il est et à ce qu'il souhaite dans un cadre national.  Force est de constater que ce n'est pas le cas aujourd'hui.
La réforme du lycée professionnel,  avec dès septembre 2009 , la généralisation du BAC PRO " en trois ans...
Beaucoup de jeunes qui arrêtaient leurs études au BEP vont désormais les poursuivre jusqu'au BAC.
C'est une bonne nouvelle parce qu'en plus,  les entreprises ont besoin d'une main d'oeuvre qualifiée. La seconde étape concernera le lycée d'enseignement général et technologique...
Le système des filières, pas dominé, écrasé par la section scientifique , est  totalement déséquilibré, et ne remplit aucun, je dis bien aucun, des objectifs recherchés.
Ce  n'est pas le moindre des paradoxes que la voie scientifique joue un rôle purement sélectif et forme un nombre insuffisant de véritables scientifiques. En dehors de la voie scientifique pas d'avenir pour nos élèves, nos lycéens, mais à la sortie, pas assez de scientifiques. Je mets au défi quiconque de démontrer que cette analyse n'est pas profondément juste.
Il nous faut ensemble, imaginer un lycée beaucoup plus souple, qui va dépasser les impasses du cloisonnement trop rigide en filière.
Ce serait donc un lycée où la seule règle serait la diversité des voies proposées. Chacun y pourrait, selon ses goûts, ses compétences, et sans référence à une norme préétablie partout, construire un parcours cohérent, au fonds un parcours qui lui ressemble.
Cette liberté plus grande donnée au lycéen le préparerait mieux à l'enseignement supérieur. Il me paraît en outre absolument indispensable de repenser l'équilibre entre cours magistraux et travail personnel.. Je veux dénoncer la surcharge des emplois du temps, où s'empilent les options. Alors, c'est vrai, cela n'arrange pas nos finances publiques. Mais ce serait un moindre mal si cela profitait aux élèves. Mais tel n'est évidemment pas le cas, chacun le reconnaît aujourd'hui. La différenciation des parcours que j'appelle de mes voeux ne signifie pas une quelconque forme de papillonnage. Elle vise au contraire une manière nouvelle, plus originale, plus individuelle, plus progressive aussi, de se spécialiser. La classe de seconde, notamment, devant retrouver sa vocation à orienter les élèves, au lieu de s'éparpiller comme c'est parfois le cas actuellement.
Sur cette réforme, je souhaite que nous avancions, je souhaite que la nouvelle seconde soit mise en place dès la rentrée 2009 avec un objectif, c'est que le nouveau lycée soit transformé à l'horizon 2012 ;
Dans le système profondément renouvelé que nous préparons le corps enseignant est appelé lui aussi à évoluer.
Avant  toute chose, j'ai parfaitement conscience qu'il faut redonner confiance à nos professeurs, confiance dans le système éducatif dont ils ont parfois l'impression qu'il les prend insuffisamment en considération, c'est faible. Il faut rendre à nos professeurs la dignité qui est due à la noblesse de leurs missions et la grandeur de leur dévouement. Un pays qui ne respecte pas ses enseignants, c'est un pays condamné. Que l'on arrête   de me dire que tout ce joue sur le recrutement parce que  comme c'est ce que l'on fait depuis 20 ans, si la seule question c'était celle de la quantité, on devrait avoir les enseignants les plus heureux du monde, ce n'est pas le cas c'est donc que la quantité ne suffit pas.
Je mesure l'étendue du malaise enseignant. Il tient à la complexité croissante de la mission qui est la leur. Un public scolaire devenu plus hétérogène, exigeant des pédagogies de plus en plus différenciées, des professeurs qui doivent souvent improviser dans la solitude de leur classe...l'exercice de l'autorité devenue plus difficile...Ces difficultés objectives nous invitent à repenser les conditions d'exercice du métier d'enseignant. Songez que les statuts qui régissent les professeurs ont  plus de 50 ans !...
Cette transformation concernera en premier lieu les nouveaux entrants, les futurs professeurs. Cela passe par la réforme de leur  recrutement. C'est un sujet crucial sur lequel je compte m'impliquer personnellement. 
Je souhaite que l'enseignant de demain soit mieux formé, que la durée des études sont allongée  d'un an. Je souhaite que la place des universités dans cette formation soit pleinement reconnue. "
( Résumé : Les enseignants seront formés dans les universités par différents concours : professeur des écoles, CAPES, agrégation seront intégrés au cursus universitaire et ouvert à tout titulaire d'un master II. En échange de cette année d'études supplémentaires, les débuts de carrière seront revalorisés.)
Les nouveaux concours seront mis en place dès la session 2010.
Collaboration nécessaire entre le Ministère de l'Education nationale, qui définira le contenu des nouvelles épreuves, et le Ministère de l'Enseignement supérieur chargé de la préparation des futurs professeurs aux concours et donc de l'habilitation des nouveaux masters. Xavier Darcos et Valérie Pecresse préciseront dans les prochaines semaines leurs intentions.
Nous  allons développer  l'accueil des hommes et des femmes venus d'horizons différents.
Il faudra se pencher sur le système de l'affectation....Placer la bonne personne au bon endroit...si les affectations pouvaient être annoncées par la hiérarchie...nous voulons signer avec les professeurs un nouveau pacte de confiance.
La moitié des économies produites par les économies d'emploi dans l'éducation nationale, seraient redistribuées aux professeurs....
Il faut que les professeurs acceptent de travailler avec nous...à une évolution de leurs pratiques et de leurs missions...
L'éducation nationale c'est pour moi une priorité. Nous  allons, ensemble, relever le défi de la qualité.
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