Humains trop humains ...

Publié le par roselyne

 

En débat : que  pensez-vous du projet grands singes ?
Le point de vue de Florence Burgat

Le Projet grands singes

Il n’est point d’espèces animales qui échappent à la mainmise quasiment toujours mortelle de l’homme : il les élève de manière industrielle, les chasse, piège leurs territoires, les pêche, conduit sur elles toutes sortes d’expériences, les enferme dans des zoos, les dresse à exécuter des numéros de cirque, se plaît encore à les faire combattre... Faut-il rappeler que l’on tue par an, en France, environ un milliard quatre-vingt millions de mammifères et d’oiseaux et quatre cent dix mille tonnes de poissons ?

La condamnation de la violence contre les animaux est fort ancienne, elle n’est en rien une préoccupation de nantis. Chaque époque jouit de tenants et d’adversaires de la cause animale : Pythagore, Porphyre, Plutarque condamnent les pratiques sacrificielles ; Montaigne réclame la bénignité pour les bêtes ; Descartes les réduit à des machines insensibles... Claude Bernard écrit une défense de la vivisection, tandis que Victor Hugo, Lamartine, Michelet engagent la question sur le plan politique, contribuant ainsi, en Europe, à la naissance des premières lois d’une timide protection des animaux au milieu du XIXe siècle. Face à l’évidente continuité des êtres vivants, si magnifiquement pensée par Aristote, il fallut se donner les moyens d’effectuer une rupture radicale entre l’homme et ces vivants qui, comme lui, viennent au monde, souffrent, vieillissent et meurent.

On pourrait résumer les choses par le syllogisme suivant : seuls les êtres de raison ont droit à la justice et à la bienveillance ; or les animaux sont dépourvus de raison ; il n’y a donc envers eux ni justice ni injustice. Cet argument, énoncé pour la première fois par les stoïciens, pose que les devoirs de justice sont circonscrits à la seule humanité. Cela signifie qu’aucun des éléments de proximité entre l’homme et les animaux dégagés par les savoirs positifs (proximité génétique, « protoculture », capacités langagières complexes, dispositions à l’empathie...) ne pourra remettre en cause une frontière invisible, non localisable, qui permet de discriminer l’ordre des fins (l’homme) de l’ordre des moyens (le monde animal).

Les théoriciens du droit naturel moderne (XVIIe siècle) réaffirmèrent la posture stoïcienne, en s’appuyant sur l’idée que Dieu a placé d’emblée dans l’esprit humain un entendement capable de se représenter la loi naturelle – ce que les animaux ne sauraient faire. L’argument, laïcisé, reconduit le motif. Partant, si elles sont utiles (et le critère est large), les douleurs infligées aux animaux sont moralement acceptables. Seules les cruautés inutilement infligées sont répréhensibles, au titre que l’homme dégrade l’humanité en lui en se laissant aller à de tels actes.

La notion kantienne des devoirs indirects à l’égard des animaux rend compte de cette idée : ne pas les faire souffrir inutilement ou par plaisir est un devoir que l’homme a envers lui-même, car, en tant que privés de raison, les animaux ne sauraient faire l’objet d’aucun devoir moral. Les animaux devinrent donc, sous la plume des philosophes, dans les laboratoires et, chemin faisant, dans le sens commun, ces fictions conceptuelles destinées à délimiter le champ de ce qui est dépourvu des qualités donnant des droits et octroyant quelque dignité.

Une telle déduction (posséder la raison pour se voir reconnaître des droits) fut d’emblée contestée, puisqu’elle place le fondement de la considération morale dans des compétences intellectuelles et non dans la capacité à pâtir. Les études scientifiques viennent du reste conforter cette posture, en évaluant les animaux à l’aune de l’humain, les notant en fonction de leurs aptitudes à s’approcher de nos combien plus hautes performances ? Ainsi place-t-on des singes devant des ordinateurs pour voir de quoi ils sont capables...

Dans cet esprit, depuis 1993, de nombreuses personnalités, parmi lesquelles Peter Singer, professeur de bioéthique à l’université de Princeton (Etats-Unis), ont développé le Projet grands singes, aujourd’hui préconisé par les défenseurs des animaux à travers le monde. Ce projet se fonde sur l’idée que les gorilles, orangs-outangs, chimpanzés, bonobos ont une intelligence et une sensibilité proches de l’homme, ce qui les différencie des autres animaux. Aussi méritent-ils, selon ce projet, de bénéficier de droits, certes inférieurs à ceux de l’être humain, mais supérieurs à ceux des autres animaux.

Le professeur Gary L. Francione, qui avait pourtant participé à ce projet, considère pour sa part, après réflexion, que cette thèse pourrait finir par aggraver le sort de tous les autres animaux.

Florence Burgat.

Le point de vue de "  onevoice.org "

 Les grands singes ont des droits

« Projet grands singes » : créer une communauté des égaux
 

  Au fur et à mesure des découvertes scientifiques, la distance entre les hommes et les grands singes se réduit. On sait aujourd’hui par les analyses ADN, que les chimpanzés et les bonobos sont plus proches de l’homme que du gorille.

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Hominidés

Depuis le 19 mai 2003, l’Académie américaine des sciences a reconnu officiellement, à la suite des travaux de chercheurs du Centre de médecine et génétique moléculaires de l'université d'Etat Wayne à Detroit (Etats-Unis), que les chimpanzés et les bonobos font partie des hominidés, au même titre que les hommes.

Classification


L’évolution des connaissances a donc mis fin à la précédente classification qui voulait que dans le sous-ordre des anthropoïdes se retrouvent d’un côté la famille des hominidés (l’homme actuel et les espèces d’hommes fossiles comme Néanderthal) et de l’autre côté les ponginés (chimpanzés, bonobos, gorilles, et orangs-outans).

99,4% de patrimoine génétique commun

Pour parvenir à ce résultat, annoncé dans « le Monde » du 26 juin 2003, les chercheurs ont révélé que 99,4% du code génétique est identique entre les hommes et les chimpanzés.

Hémoglobine identique

D’autres travaux menés par Jared Diamond, professeur de physiologie à la Faculté
de médecine de l’Université de Californie, montrent que « l'hémoglobine humaine (la protéine transportant l'oxygène et qui donne au sang sa couleur rouge), sous sa forme normale, est identique à l'hémoglobine de chimpanzé par chacune de ses 287 unités ».

Chimpanzés remodelés

Morris Goodman, spécialiste de la paléontologie des primates au niveau moléculaire, qui, dès 1963, pressentait que l’homme et le chimpanzé avaient beaucoup en commun, affirme que "l'accumulation d'évidences concernant l'ADN fournit maintenant une vision objective non anthropocentrique de la place de l'homme dans l'évolution. Nous, humains, apparaissons seulement comme des chimpanzés légèrement remodelés. »

Reconnaissance

Des travaux qui vont dans le sens d’une meilleure reconnaissance des droits des grands singes, dont le philosophe Peter Singer et la journaliste Paola Cavalieri ont été les initiateurs au travers du Great Ape Project (le projet grand singe).

Droits

Cette déclaration vise à reconnaître une « communauté des égaux » (lire ci-dessous) à laquelle appartiendraient les hommes et les grands singes. Elle veut que chacun des membres de cette communauté se voit attribuer des droits simples, tels que de vivre, en liberté, sans être torturé.

Fin de la vivisection

La portée de ce texte s’il était un jour reconnu par les instances internationales serait énorme. Déjà elle mettrait fin à toute vivisection sur les grands singes, quelle que soit la nature et la destination des expérimentation menées sur eux.

Libération

En outre, elle obligerait de créer de vastes programmes de réhabilitation de ces animaux puisqu’ils devraient tous être libérés de leurs zoos ou de leurs cirques.

Environnement

Enfin, elle contraindrait les hommes à préserver les grands singes puisqu’ils n’auraient plus le droit de les tuer. Cela ne pourrait avoir que des répercussions bénéfiques aussi pour l’environnement, puisque cela interromprait le processus de déforestation.

 

Déclaration sur les grands singes

Initiée par Peter Singer et Paola. Cavalieri

Nous, soussignés, demandons l’extension de la communauté des égaux à tous les grands singes : êtres humains, chimpanzés, gorilles et orangs-outans.

La “communauté des égaux” est la communauté morale à l’intérieur de laquelle nous admettons que nos relations doivent être gouvernées par certains principes moraux ou certains droits fondamentaux, garantis par la loi.

Ces principes et ces droits sont notamment les suivants :

1. Le droit de vivre
La vie de chaque membre de la communauté des égaux doit être protégée. Aucun membre ne peut être tué, sauf dans des circonstances très précisément définies comme par exemple la légitime défense.

2. La protection de la liberté individuelle
Les membres de la communauté des égaux ne doivent pas être privés
de liberté de manière arbitraire. Si un membre devait être détenu sans procès légal, il a droit à une remise en liberté immédiate. La détention de quiconque n’a été convaincu d’aucun crime, ou ne peut être tenu pour responsable d’un crime, ne peut être permise que lorsqu’elle représente effectivement l’intérêt de l’individu ou lorsqu’elle s’avère nécessaire pour protéger le public d’un membre de la communauté, qui, laissé en liberté, représenterait de manière sûre un danger pour autrui. Dans un tel cas, les membres de la communauté des égaux doivent avoir le droit de faire appel devant un tribunal, soit d’eux-mêmes, soit par l’intermédiaire d’un avocat s’ils n’ont pas la capacité de le faire eux mêmes.

3. La prohibition de la torture
Le fait d’infliger délibérément à un membre de la communauté des égaux une douleur sérieuse, que ce soit de manière gratuite ou au bénéfice allégué des autres, est considéré comme une torture et n’est pas admis.


Bonobos, chimpanzés, gorilles, orangs-outans, ces grands singes sont injustement persécutés. « Le projet grands singes » vise à leur reconnaître des droits en tant que personnes. Des droits simples tels que de pouvoir vivre librement sans avoir à connaître la torture.

Viande de brousse


Pour l’instant, il y a urgence. La déforestation détruit irrémédiablement l’habitat de ces grands singes. Certains estiment que d’ici à 2010, les orangs-outans pourraient s’éteindre. A cela vient s'ajouter une menace encore plus précise : la "viande de brousse". Les grands primates pourraient disparaître parce qu'ils sont mangés.

Langage des signes

Pourtant les études menées sur ces primates montrent qu’ils vivent dans des groupes très organisés, qu’ils sont capables de se projeter dans l’avenir, de parler et d’enseigner à leurs petits le langage des signes.
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Le « Great Ape project » : créer une communauté des égaux
Les chimpanzés, gorilles, bonobos et orangs-outans se verraient reconnaître des droits en commun avec les hommes. Une perspective qui s’appuie maintenant sur des certitudes scientifiques.
 
Le grande singe, à l’avant garde de la libération animale

 
Planète bonobo
Longtemps confondus avec les chimpanzés, ces animaux ne cessent d’étonner les scientifiques par la complexité de leurs rapports sociaux, leur aptitude à régler les conflits et leur pratique de la sexualité.
 
La viande de brousse transmettrait une maladie nouvelle
Une étude menée par une équipe américano-camerounaise, publiée dans le « New Scientist », montre que des chasseurs, mais aussi des consommateurs de grands singes sont infectés par un virus de la même famille que celui du SIDA.
  


Une action de ONEvoice en cours :


Opération "Carton Rouge à la France !"

EURO EXPÉRIMENTATION ANIMALE 2008

 
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Du 5 avril au 6 septembre One Voice organise l’opération « Carton rouge à la France ! » pour protester contre l’utilisation massive qui est faite des animaux dans les laboratoires.

Participez à la cyberaction !

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La tournée de mobilisation "Carton Rouge"

Samedi 5 avril à Nantes - Place du Change - 14 heures (Confirmé)
Samedi 12 avril à Orléans - Place du Martroi - 14 heures (Confirmé)
Samedi 26 avril à Montpellier - Place Paul Bec - 14 heures (Confirmé)
Samedi 17 mai à Lyon- Place Saint Jean - 14 heures (Confirmé)
Samedi 14 juin à Lille -
Place des Buisses

(place de la sortie du Métro arrêt "Gare Lille Flandres")
- 14 heures (Confirmé)
Samedi 28 juin à Strasbourg - Place Kleber - 14 heures (Confirmé)
Marche de protestation le samedi 6 septembre à Paris - 14 heures

Le rendez-vous pour chaque action ainsi que pour la marche à Paris sera confirmé ici une semaine avant chaque date prévue et pour chaque ville.

France - Portugal : le Portugal affiche une longueur d’avance
Tandis que la France affiche le triste record européen de 2 325 298 animaux utilisés dans les laboratoires en 2005, soit 19, 19 % de plus qu’en 2002, l’association portugaise Animal vient de présenter au Parlement le « Manifesto Animal ». Parmi ses propositions : l’abolition de l’expérimentation animale.

Une action franco-portugaise
Pour protester contre l’utilisation massive et grandissante des animaux dans les laboratoires français, One Voice vous propose d’envoyer un carton rouge au président de l’Assemblée nationale. Et pour manifester votre soutien au Manifesto Animal, vous pourrez envoyer votre carton vert de l’espoir au président du parlement du Portugal. De son côté, Animal mobilise également le public portugais pour envoyer des cartons rouges à la France. C’est le moment de lancer tous ensemble un défi à la France ! Ne manquez pas ce moment !

Une tournée de mobilisation
D’avril à septembre, One Voice organise à travers la France une tournée de mobilisation. Un théâtre-tract sur le thème du « Carton Rouge » sera animé par ses volontaires et des militants. À cette occasion, des cartons rouges et verts seront diffusés au public.

Des ballons de l’espoir « pour des méthodes substitutives ».
Lors de cette tournée, le public sera invité à venir apposer son « autographe » sur un ballon de football. Ces « ballons de l’espoir » sont destinés à être déposés à l’Assemblée nationale le dernier jour de l’action.

Une marche de protestation jusqu’à l’Assemblée nationale
À l’issue de sa tournée à travers la France, One Voice organise le 6 septembre, à Paris, une grande marche de protestation. Celle-ci se dirigera vers l’Assemblée Nationale où vous déposerez, avec Muriel Arnal, les ballons de l’espoir.

Les cartons rouges et verts seront disponibles au 02 51 83 18 10, à partir du 24 mars.

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Représentant français de Europe for Animal Rights et de la Coalition Européenne
pour mettre fin à l'Expérimentation Animale
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One Voice
23, rue du Chanoine Poupard 
BP 91923 - 44319 Nantes cedex 3
Tél : 02 518. 318. 10
Fax : 02 518. 318. 18

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Publié dans bio-diversité

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