Le HCR et le PAM présents dans le Caucase
Le HCR et le PAM présents en Georgie et en Russie.Le HCR a appelé les bélligérants à permettre un accès à l'aide humanitaire et créer des corridors pour les civils.
" Notre préoccupation sont les civils. Des ponts aériens transportant de l'aide humanitaire ont été ouverts mais il faut que nous puissions atteindre les personnes déplacées ". déclare Antonoio Guterrez. Il a offert un soutien humanitaire à la Georgie et à la Russie. L'agence des Nations Unies est présente dans les 2 pays ; notamment dans la région séparatiste d'Ossétie du sud ( Georgie ) et de l'Ossétie du nord ( Russie ). Le HCR a six bureaux et plus de 50 employés en Georgie avec 275 000 personnes déplacées et réfugiées.
Le PAM a commencé à distribuer une aide alimentaire à plus de 2000 personnes déplacées.
En bref: Une réunion d'urgence aura lieu le 12 août à l'OTAN à la demande de Moscou." La présence en Ossétie ne sera pas réduite avant le retrait intégral des troupes georgiennes du territoire sud-ossète " a indiqué le porte-parole de la diplomatie russe.
Pour Ahmadinejad, qui recevait le président algérien Addélaziz Boutéflika : " Le Conseil de sécurité de l'ONU est incapable de régler les conflits armés dans le monde ".
Lu dans " legrandsoir.info sur le conflit :
Les Etats-Unis, la France et la Grande Bretagne soutiennent la Géorgie aux Nations Unies
Mais une phrase appelant les parties en présence à « renoncer à l’usage de la force » a rencontrée l’opposition des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne. Les trois pays ont trouvé que la déclaration était déséquilibrée, a déclaré un diplomate européen, parce que le langage employé aurait miné la possibilité pour la Géorgie de se défendre. La Belgique, qui préside ce mois-ci le Conseil de Sécurité, a fait circuler une version corrigée qui appelle à une cessation immédiate des hostilités et demande « à toutes les parties » de retourner à la table des négociations. En supprimant la référence spécifique à la Géorgie et à l’Ossétie du Sud, la nouvelle déclaration inclurait la Russie.
Relisez ce qui précède avec attention. Comment une déclaration appelant à renoncer à l’usage de la force pourrait-elle empêcher la Géorgie de se défendre ? C’est faux, évidemment, mais elle exercerait une pression sur la Géorgie pour arrêter ses opérations militaires dans l’Ossétie du Sud.
On connait la chanson. Comme prévu, il s’agit d’une répétition de la situation de l’été 2006, lorsque Israël a lancé une campagne de frappes aériennes contre le Liban, et les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont rejeté les résolutions de l’ONU qui appelaient à un cessez-le-feu. Attendons-nous à voir les Etats-Unis, la France et la Grande Bretagne rejeter la nouvelle proposition belge, comme ils s’opposeront à tout texte qui ne rejettera pas la faute sur les Russes, dans l’espoir de gagner les faveurs des Géorgiens. Une fois de plus, comme pour l’agression d’Israël contre le Liban, ce sera un voeu pieu, parce qu’il y aura un fort soutien populaire russe pour ce conflit, parce qu’ils perçoivent qu’il est nécessaire de défendre le peuple d’Ossétie du Sud non seulement contre la Géorgie, mais contre l’agression sponsorisée par les Etats-Unis et les Européens.
La situation est tout à fait choquante. Les Etats-Unis et deux des pays dominants de l’Union Européenne facilitent les politiques de violence en Irak, en Afghanistan, en Palestine, au Liban et maintenant en Géorgie. Ils formulent aussi des exigences vis-à-vis de l’Iran qui accroissent le risque de guerre. L’Allemagne est un soutien fidèle, sauf dans cette nouvelle aventure géorgienne, probablement à cause des ses liens plus étroits avec la Fédération de Russie.
Peu de gens semblent se rendre compte qu’une ligne rouge vient d’être franchie dans l’Ossétie du Sud. Les Etats-Unis et l’UE, avec l’aide d’Israël, font ouvertement appel aux armes dans leur compétition avec les Russes dans le Caucase et l’Asie Centrale. Je ne suis pas adepte d’annonces apocalyptiques, mais pour la première fois j’ai peur qu’un conflit global destructeur nous guette à l’horizon. Tandis que les Etats-Unis, l’Europe et Israël multiplient les poudrières, nous ne pouvons qu’espérer voir ces conflits se résoudre de manière pacifique. Il devient de plus en plus difficile d’imaginer ce qui pourrait se passer.
Il apparaît qu’Israël a fourni des armes à l’armée géorgienne entrainée par les US. Selon la presse, ces fournitures ont cessé depuis quelques jours (3) :
Selon des officiels du Ministère de la Défense, Israël a décidé d’interrompre ses ventes d’équipements militaires à la Géorgie suite à des protestations de la Russie qui est engagée dans un dispute avec son minuscule voisin du Caucase.Les officiels ont déclaré que le gel de fournitures d’armes avait pour objectif de fournir à Israël un moyen de pression contre Moscou pour convaincre la Russie de ne pas livrer d’armes à l’Iran. Ils se sont exprimés sous ouvert d’anonymat puisqu’Israël ne donne pas officiellement des détails sur ses ventes d’armes.
sûr, le sujet qui ne cesse de faire intrusion dans cette saga c’est l’Iran. L’invasion géorgienne de l’Ossétie du Sud est-elle destinée à faire pression sur les Russes pour les obliger à rompre leurs relations économiques et diplomatiques avec l’Iran ? Les Israéliens ont supposément arrêté de fournir des armes à la Géorgie pour tenter de persuader les Russes de ne pas fournir un nouveau système de défense antiaérien à l’Iran. L’opération a-t-elle échouée ou n’était-elle qu’une manœuvre avant le déclenchement de l’invasion ?Il se pourrait que l’invasion ait été déclenchée à cause de la concurrence entre les Etats-Unis, la Russie et l’Europe pour l’accès aux hydrocarbures dans le Caucase et l’Asie Centrale (4). Dans cette optique, examinons cet article daté du 30 juillet d’un ancien diplomate indien M K Bhadrakumar (5) :
D’après les éléments qui nous sont parvenus cette fin de semaine d’Achgabat au Turkménistan et de Moscou, il apparaît que le grand jeu en cours autour de l’énergie caspienne a pris une tournure dramatique. Dans la géopolitique de la sécurité énergétique, il n’y a jamais rien eu de tel. Les Etats-Unis ont subi une énorme défaite dans la course au gaz caspien. La question à présent est de savoir combien de temps encore Washington peut-il se permettre de tenir l’Iran à l’écart des marchés de l’énergie.Gazprom, le géant russe de l’industrie énergétique, a signé vendredi deux accords majeurs à Achgabat qui dessinent les nouveaux plans d’achats du gaz turkmène. Le premier accord définit les principes appliqués pour déterminer le prix des achats russes du gaz au Turkménistan au cours des 20 prochaines années. Le deuxième accord est unique en son genre, faisant de Gazprom le promoteur de projets d’énergie local au Turkménistan. Essentiellement, les deux accords garantissent le contrôle de la Russie sur les exportations du gaz Turkmène.
Les conséquences pour les Etats-Unis sont apparemment importants :
Jusqu’à récemment, Moscou était sensible à l’opposition de l’Union Européenne à l’idée d’un cartel du gaz. (Washington a ouvertement mis en garde qu’il prendrait des mesures légales contre les pays qui s’aligneraient derrière un tel cartel). Mais les prix élevés du gaz on assoupli la position de l’UE.Les accords avec le Turkménistan accentuent le contrôle de la Russie sur les exportations de gaz de l’Asie Centrale. Gazprom a récemment offert d’acheter le gaz de l’Azerbaïdjan au tarif européen. (Medvedev a visité Bakou les 3 et 4 juillet). Bakou étudiera avec intérêt les accords signés vendredi à Achgabat. Les conséquences à long terme de ces initiatives russes sont très importantes pour la campagne des Etats-Unis et de l’UE en faveur du lancement du projet du gazoduc Nabucco.
Nabucco, qui irait de la Turquie à l’Autriche en passant par la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie, espérait capter au passage le gaz turkmène en reliant le Turkménistan et l’Azerbaïdjan par un gazoduc à travers la mer caspienne et serait connecté aux réseaux existants qui traversent le Caucase jusqu’à la Turquie, comme la ligne Bakou-Tbilissi-Seyhan.
Mais sans l’accès au gaz turkmène, la viabilité du projet Nabucco est sérieusement remise en cause. Et sans Nabucco, toute la stratégie US qui cherche à réduire la dépendance de l’Europe par rapport aux sources d’énergie russes n’a plus de sens. Washington n’a donc plus d’options. Les accords de vendredi signifient que la réalisation de Nabucco dépend totalement des sources du Moyen Orient – l’Iran en particulier. La Turquie poursuit son idée de fournir à l’Europe du gaz iranien et a offert sa médiation dans le face-à-face entre les Etats-Unis et l’Iran.
La géopolitique de l’énergie produit d’étranges alliances. La Russie observera d’un œil inquiet le pas de danse entre les Turques, les Iraniens et les Etats-Unis. Une entente avec l’Iran sur les prix, la production et le partage des marchés est vitale pour le succès de la stratégie d’exportation énergétique globale de la Russie. Mais Téhéran voit Nabucco comme son passport à une intégration à l’Europe. Répétons-le : le contrôle de la Russie sur le gaz turkmène ne doit pas être du goût de Téhéran. Téhéran a défendu avec assiduité auprès d’Achgabat l’idée d’exporter à travers le territoire iranien le gaz turkmène vers les marchés mondiaux.
Bhadrakumar présente avec habilité les Russes et les Iraniens comme des concurrents commerciaux alors qu’ils sont en même temps contraints de s’allier sur le plan géopolitique. Quant à nous, nous retiendrons la ligne de fond qui se dégage de son analyse : l’urgence pour les Etats-Unis (et les Israéliens) d’agir rapidement pour déstabiliser la capacité de la Russie à transporter le gaz naturel du Turkménistan vers le marché européen. Dans le cas contraire, les Etats-Unis seront obligés, au grand dam d’Israël, de passer un accord avec l’Iran afin d’obtenir un accès au gaz naturel Iranien pour briser le monopole Russe.
C’est ainsi que nous assistons à une invasion géorgienne de l’Ossétie du Sud, environ une semaine après l’annonce de la Russie de la signature d’accords sur la gaz naturel avec le Turkménistan. Si on accepte ce raisonnement, l’invasion de l’Ossétie du Sud constitue un sérieux avertissement qui montre que les Etats-Unis préfèrent un affrontement avec la Russie à une négociation de nouvelles relations commerciales avec l’Iran. En d’autres termes, ceci semble indiquer que les Etats-Unis considèrent toujours la guerre comme le dernier recours pour résoudre ses désaccords avec la Russie.
L’invasion semble aussi indiquer que les Etats-Unis sont incapables de choisir un allié dans la région, et persistent à croire qu’ils peuvent dominer économiquement et militairement à la fois les Russes et les Iraniens et, à travers eux, pratiquement tous les pays du Caucase et de l’Asie centrale. Une telle arrogance se révélera probablement très couteuse pour toutes les parties en présence. Une sale aventure, sans nul doute."