La dette de la France ...
oui ,mais d'autres pays dépensent plus.Voir le graphique.

Ne serait-ce pas aussi l'actif insuffisant de 540 milliards d'euros ? Les dépenses des collectivités locales ? etc...etc...
Depuis la fin des années 70, la France a accumulée une dette considérable : 1200 milliards d'euros, soit 2/3 du PIB français, et un actif de seulement 540 milliards d'euros. Elle absorbe l'intégralité des produits de l'impôt sur le revenu.
Aucun budget n'a été voté à l'équilibre depuis 1975.
La France s'est dramatiquement appauvrie et a dilapidé son patrimoine.
Cet endettement faramineux n'est pas le fait d'une insuffisance d'impôts ou de taxes en France, puisque notre pays est l'un des champions du monde des prélèvements obligatoires.
La dette trouve son origine dans notre goût immodéré des dépenses publiques qui absorbent plus de 53% de la richesse nationale , soit 5 points de plus que la moyenne de la zone euro.
Tous les ans nous dépensons 100 milliards d'euros pour les services publics...
( source : Sénat )
Par Jacques Marseille, historien, économiste, professeur à l’université Paris I Sorbonne
« La question n’est pas comptable. Il s’agit de savoir si l’État dépense de manière efficace, et surtout si tous les Français bénéficient de manière équitable de la dépense publique. Sur ces deux aspects, la réponse est non. Par exemple, les dépenses publiques sur la formation professionnelle sont de 24 milliards d’euros par an. Toutes les études sur le sujet montrent que cette dépense profite aux Français les mieux formés (cadres et professions supérieures). Sur 12 millions d’employés et d’ouvriers que compte la France, seuls 15 000 finiront avec une formation meilleure que leur formation initiale. Une autre étude, publiée cette année et réalisée pour la première fois au niveau de sept pays européens, montre tout d’abord que la France est le pays qui dépense le plus au niveau de ses entreprises pour former ses salariés. Et pourtant, on s’aperçoit qu’en France, en moyenne, 45 % des salariés ont profité d’une formation alors que dans d’autres pays, ce sont 60 à 70 %. Il faut réduire la dépense publique pour faire plus de justice sociale. Sur le système éducatif, on constate que l’État dépense pour un élève en classe préparatoire ou en grandes écoles environ 13 000 euros, alors qu’il n’en dépense que 6 000 euros pour un étudiant à l’université. Là encore, ce sont les enfants des milieux aisés qui en profitent. Pourtant malgré le constat, on ne bouge pas. De plus, avec une dépense de 10 000 euros pour un lycéen, la France est le seul pays qui dépense plus pour un lycéen que pour un étudiant.
En France, il existe un culte, un attachement viscéral à la dépense publique sans se rendre compte des dérives qu’elle peut engendrer. Dans cet esprit, accroître la dépense publique serait faire du social, la baisser serait faire de l’antisocial. En moyenne, la France dépense 6 %, soit environ 100 milliards d’euros de plus que l’Allemagne, les Pays-Bas. Ce qui représente 13 % de l’impôt sur le revenu. On dépense plus que les autres, alors que les Français sont les plus inquiets sur leur avenir, que ce soit en termes de pouvoir d’achat et d’emploi.
En tant que promoteur de l’Europe, et même si à l’époque je n’y étais pas favorable, nous ne devons pas, par principe, violer les critères de Maastricht et ceux liés à l’euro, que nous avons nous-mêmes définis. À partir du moment où nous avons une monnaie commune, celui qui créé du déficit est une sorte de passager clandestin qui fait payer son billet par les autres. Si l’idée de supprimer un fonctionnaire sur deux après son départ à la retraite n’est qu’un slogan, la réduction des effectifs dans la fonction publique reste un moyen essentiel qui permet à terme de réduire la dette de l’État. Il ya des secteurs du public où l’État pourrait réduire de façon massive le nombre de fonctionnaires et d’autres qui pourraient objectivement être sous-traités à des entreprises privées. Les secteurs qui devront rester dans le giron de l’État sont la défense, la sécurité, l’éducation et la santé sous forme de prévention. Mais là encore, on peut fort bien réduire les coûts de fonctionnement tout en préservant, voire en améliorant le service rendu. À l’inverse, la formation professionnelle, les transports ou les services de la poste sont des exemples où les entreprises feraient aussi bien, voire mieux. »
Propos recueillis par Clotilde Mathieu ( source : l'Humanité ).