Résultats des sénatoriales
La gauche gagne 26 sièges aux sénatoriales.
PARIS (AFP) — Le Sénat est rajeuni et féminisé, après renouvellement d'un tiers de ses membres dimanche, avec un benjamin de 34 ans et 75 femmes, soit 22% de la Haute Assemblée.
Si la moitié des nouveaux élus ont moins de 60 ans (57), quatre ont moins de 41 ans: Richard Tuheiava (34 ans, Polynésie), Sophie Joissains (38, Bouches-du-Rhône), Samia Ghali (40, Bouches-du-Rhône) et Christophe Frassa (40, Français de l'étranger).
Les plus âgés des élus de dimanche sont René Teulade (Corrèze) et Gaston Flosse (Polynésie), tous deux 77 ans. Aucun ne dépasse les 80 ans, contrairement à Serge Dassault, devenu doyen avec ses 83 ans, Charles Pasqua (81 ans) au président Christian Poncelet, Robert Badinter, Jack Ralite et Pierre Mauroy (80 ans), tous précédemment élus.
La proportion de femmes a progressé de 18% à 22%, ce qui place le Palais du Luxembourg devant l'Assemblée nationale (18%).
Il y a désormais 75 sénatrices sur 343 élus. Elles étaient 60 précédemment sur 331 (18,2%).
Les enseignants fournissent encore le gros des bataillons sénatoriaux: 23,7% des nouveaux sénateurs et 25,4% au total.
La part des fonctionnaires recule aussi, puisque 16,7% des arrivants travaillaient dans la fonction publique, ce qui porte l'ensemble à 17,2% Sénat.
Les professions médicales sont les moins bien représentées parmi les nouveaux élus, avec 5,3% (9% dans le Sénat renouvelé).
Les professions agricoles sont inchangées, à 7%, ainsi que les professions du commerce et de l'industrie (7,9%).
En revanche, 13,1% des nouveaux élus sont salariés, portant à 12,3% la proportion de salariés au Sénat. 15,8% s'affirment sans profession, ce qui représente désormais 8,5% des sénateurs.
Sur les 114 nouveaux élus, 20 n'ont aucun mandat local (17,5%), 33 en ont un (28,9%), 59 deux (51,8%), et deux en ont trois (1,8%). La loi fait obligation à ces derniers d'abandonner au moins un de leur mandat.
Sur les 343 sénateurs, 93 n'ont aucun mandat (27,1%), 166 en ont un (48,4%), et 82 deux (0,6%).
L'élection dimanche de 14 présidents de Conseil généraux porte leur nombre au Sénat à 31.
Celle du président du Conseil régional de Bourgogne François Patriat à la Haute Assemblée, lui permet de rejoindre ses collègues de Haute-Normandie Alain Le Vern, de Lorraine Jean-Pierre Masseret, et du Nord-Pas-de-Calais Daniel Percheron
PARIS (AFP) — La gauche a enregistré une nette poussée aux sénatoriales de dimanche, gagnant plus de vingt sièges alors que le PS tablait sur une dizaine, mais cette dynamique ne bouscule pas l'équilibre de la Haute Assemblée, qui restera à droite, mais sera rajeunie et féminisée.
La majorité a contenu cette percée grâce à la surreprésentation des petites communes rurales traditionnellement conservatrices, et aussi la création de 12 nouveaux sièges. Quant aux 12 sièges créés, l'UMP espérait en rafler la majorité, mais ils se sont répartis équitablement dans l'attente des votes de Guyane et Polynésie.
A la faveur du renouvellement du Sénat, les femmes devraient passer la barre des 20%. Si ce taux est atteint, l'Assemblée nationale sera à la traîne, à seulement 18% d'élues.
Dans ce renouvellement d'un tiers de la Haute Assemblée, 114 sièges étaient en jeu dans 39 départements, 4 collectivités d'Outre-mer et au sein du collège des Français de l'étranger (4 des 12 élus). 40 étaient à pourvoir à la proportionnelle et 74 au scrutin majoritaire à deux tours. Les premiers résultats ont porté sur des élus de premier tour dans des scrutins majoritaires. En tout, près de 50.000 "grands électeurs" - conseillers municipaux, régionaux, généraux, députés - votaient pour renouveler un tiers des sièges du Sénat.
Dès dimanche soir, la bataille pour la présidence du Sénat qui se joue à guichets fermés au sein de l'UMP, devait redoubler d'intensité entre les deux favoris Jean-Pierre Raffarin et Gérard Larcher et l'outsider Philippe Marini, avec une primaire au groupe majoritaire, mercredi, pour les départager.
"C'est plus que ce que l'on imaginait dans les meilleures hypothèses", a dit le patron du PS François Hollande, y voyant une "sanction pour le gouvernement". "Il faut donc cesser de critiquer le Sénat en disant qu'il ne rend pas compte de la majorité réelle du pays", a ironisé Patrick Devedjian, numéro un de l'UMP, parti qui essuie un nouveau revers après les municipales et cantonales du printemps.
Le parti présidentiel avait déjà perdu la majorité absolue au Sénat lors du renouvellement de 2005. Désormais, la majorité des 3/5èmes du parlement requise pour les révisions constitutionnelles deviendra plus compliquée à réunir.
Symboles des conquêtes de gauche: l'Ille-et-Vilaine, trois UMP et un centriste hier, a désormais trois sénateurs PS et un UMP. En Corrèze, ex-fief chiraquien, les deux sièges de droite reviennent au PS.
La Côte-d'Or comptait 3 UMP. Elle se retrouve avec deux PS - le maire de Dijon et numéro deux du PS François Rebsamen, le président du Conseil régional François Patriat - et un DVD. Le PS s'immisce dans les très droitières Alpes-maritimes, s'emparant du siège nouveau. Dans ce département, le président du groupe RDSE Pierre Laffitte, 83 ans, est battu.
Dans l'Allier, le PCF emporte un des deux sièges que détenait le parti présidentiel. Les radicaux de gauche doublent leur mise, forts de 6 sièges.
Mais l'UMP a résisté, gagnant le poste créé en Haute-Garonne - terre très à gauche - en Eure-et-Loir, dans l'Hérault, l'Ain, et les deux îles caraïbes de Saint-Barthélémy et Saint-Martin.
Le palais du Luxembourg comptera 75 femmes - contre 60 précédemment. Soit plus de 20%: de quoi narguer l'Assemblée nationale et ses 18% d'élues. Parmi les sénatrices nouvelles, la quadragénaire Samia Ghali, issue de l'immigration (PS, Bouches-du-Rhône).
L'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement (MRC) fait une entrée retentissante au Sénat, battant le sortant PS Yves Ackermann dans "son" Territoire de Belfort. Au contraire, le porte-parole de l'UMP Dominique Paillé a mordu la poussière parmi les Français de l'étranger. De même l'ex-ministre Charles Millon, soutenu par l'UMP, manque son retour politique dans l'Ain.