Gaza : A quand le cessez-le-feu ?

Vidéo de la manifestation a New-York<object width="425" height="344"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/9FPWYRSeMaA&hl=fr&fs=1"></param><paramname="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/9FPWYRSeMaA&hl=fr&fs=1" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"></embed></object>
L'offensive israélienne en est à son 14 ème jour.
Elle a fait 758 morts à Gaza, dont 257 enfants et 56 femmes ; 3100 blessés dont 1080 enfants et 452 femmes.
" Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire ".
Albert Einstein.
Le Conseil de Sécurité de l'ONU a voté a 14 voix pour et une abstention ( ce sont les Etats-Unis mais qui ont décidé de ne pas opposer leur veto dont ils disposent en tant que membre permanent du Conseil ) ) une résolution soumise par le Royaume-uni en faveur d'un cessez-le-feu immédiat à Gaza
conduisant à un retrait total de l'armée israélienne, un accès sans entrave aux transports de nourriture, de carburant et de médicaments et à un mécanisme visant à empêcher le trafic d'armes et de munitions vers le territoire palestinien de Gaza.
L'ONU a suspendu ses activités humanitaires après une attaque israélienne contre un convoi humanitaire qui a tué deux de ses employés.
Un responsable de l'ONU déclarait : nous ne pouvons pas faire confiance aux engagements verbaux donnés par la partie israélienne. "
4 employés locaux ont été tués depuis le début du conflit.
Les hopitaux sont surchargés. Ils n'ont pas assez de lits dans les services d'urgence et de soins intensifs et les salles d'opération ne peuvent pas faire face aux nombre de victimes. Les blessés sont couchés à même le sol.
L'OMS note que les services médicaux d'urgence et les équipes de traumatologie ont travaillé sans discontiner depuis le début des bombardements et qu'ils sont épuisés. " Il est urgent de les remplacer pour maintenir les services d'urgence prenant en charge les blessés graves " : nous dit l'OMS.
Les coupures d'électricité sont un risque permanent. Tous les hopitaux fonctionnent grâce à des blocs électrogènes, parfois 24h sur 24 h car l'électricité a été coupée.
Pour l'OMS on peut aussi s'attendre à une augmentation des infections nosocomiales ( gangrène.tétanos, etc...)
" Les dommages physiques et psychologiques que ce conflit inflige aux enfants des deux côtés doivent cesser ! " déclare un représentant de l'ONU.
Pour le poète israélien Jonathan Geffen, qui fait paraître ce texte dans la presse conservatrice, l’offensive de l’armée israélienne est insensée. Et le prix à payer risque d’être très lourd.
De retour de New York le 26 décembre, je ne savais pas quel Israël j’allais retrouver. Sur la route de Lod à Tel-Aviv, alors que mes yeux fixaient le ciel, j’avais bien remarqué des hélicoptères Apache qui s’envolaient pour le Sud. Malgré cela, je ne me rendais pas encore compte dans quel pays j’étais revenu. Et, comme lors de chaque retour, j’ai à peine déposé ma valise que je me suis effondré dans mon lit. Lorsque je me suis réveillé le lendemain à 17 heures, j’ai entendu sur mon répondeur trois messages qui me demandaient de participer à une manifestation de protestation à Tel-Aviv et de signer une pétition contre la guerre. Quelle guerre ? Pourquoi ne m’avait-on rien dit ? Lorsqu’on subit le décalage horaire, il y a quelque chose qui va bien au-delà de la simple fatigue, quelque chose de mystérieux qui vient inexorablement brouiller l’espace et le temps. Mais j’ai été profondément heurté de me rendre compte que, pendant que je dormais, la guerre contre laquelle je suis censé me mobiliser venait précisément d’éclater.
Ainsi, à l’occasion des fêtes de Hanouka, nous avons inventé un nouveau spectacle pour le plus grand plaisir des enfants, spécialement pour ceux de Gaza : le Festigaza, un spectacle de pyrotechnie qui a l’avantage de bénéficier du concours extraordinaire de l’aviation israélienne, le tout diffusé vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et notre peuple tout entier s’est à nouveau mis à communier dans la violence festive, en scandant des incantations telles que "Opération justifiée" et "Tsahal a lavé l’affront". Mais de quelle justice et de quel honneur parle-t-on ? Certes, l’Etat a le devoir de protéger ses citoyens. Mais cette guerre insensée n’éliminera jamais le Hamas. Au contraire, elle rendra la population de Gaza davantage sensible aux extrémistes. Une fois de plus, nous faisons la seule chose que nous semblons savoir faire : un massacre de masse qui finit toujours par être perçu comme une sorte de génocide (pardonnez-moi l’expression), une opération de destruction et de dévastation qui nous amène, encore et toujours, plus de dévastation et de destruction. Dès lors que nos dirigeants n’ont ni programme politique ni plan militaire, et qu’ils n’ont même pas la finesse d’envisager des incursions ponctuelles de commandos, ils préfèrent envoyer nos "hurleurs d’acier" [les avions de chasse] rayer de la carte toute une ville sans se soucier ni des morts innocents, ni des mères prostrées dans les tunnels mitraillés, ni de leurs enfants qui ne savent plus trop de qui ils doivent avoir le plus peur – du Hamas ou de nos forces armées.
"Comme nous avions cette bombe, il fallait bien que nous l’utilisions", avait déclaré le président Truman après le largage de la bombe atomique sur Hiroshima. Puisque nous ne manquons pas de munitions, nous utiliserons toute notre puissance de feu contre un adversaire qui ne nous arrive pas à la cheville. "A Gaza, il n’y a plus assez de place pour les cimetières", a expliqué un commentateur israélien. Mais comme il nous reste encore des tonnes de missiles et qu’il faut bien en faire quelque chose, bombardons les cimetières ! Et gardons-nous de diffuser la moindre image du massacre, vu que les spectateurs sont de grands sensibles. Et envoyons des médicaments aux Palestiniens avant de bombarder leurs stocks de médicaments. En attendant, ceux qui osent s’exprimer contre le crime sont à nouveau considérés comme des traîtres. Je suis curieux de savoir si Amos Oz et A.B. Yehoshua [deux consciences de gauche qui soutiennent l’offensive israélienne] ont déjà publié un énième manifeste humaniste dans les pages du Ha’Aretz ou s’ils sont seulement en train d’y travailler. Cela dit, depuis quand un écrivain est-il écouté dans ce pays ?
A cet égard, quoi de plus troublant que de découvrir que le nom du pogrom que nous sommes en train de commettre est tiré d’un poème de Bialik* [Plomb durci], le "poète des pogroms" ? Honte sur vous, militaires, si, après ma mort, vous décidiez de baptiser l’une de vos opérations en vous inspirant d’un de mes poèmes. En toute modestie, je viens de modifier mon testament pour que mes ayants droit (ma compagne, mes parents et mes enfants) puissent légalement intervenir contre quiconque aurait l’idée saugrenue de baptiser la prochaine opération israélienne "Jardin fermé" ou "Violettes". Cela dit – qui sait ? –, peut-être que d’ici là, vous aurez été cités à comparaître devant un tribunal international pour crimes de guerre et contre l’humanité.
* Lancée lors de la fête juive de Hanouka, l’offensive israélienne a été baptisée d’après une comptine enfantine du poète Haïm Nahman Bialik (1873-1934), En l’honneur de Hanoukka, où il est question d’une toupie en plomb durci. Bialik doit sa notoriété à son poème La Ville du massacre, composé après un pogrom qui avait entraîné la mort de quarante-neuf Juifs en 1903, en Russie.
Jonathan Geffen
Maariv
http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=93115#