Israël décide un cessez-le-feu unilatéral !

Hier j'écrivais " pleurer ou se révolter " ; la nuit portant conseil, il n' y a bien sûr que la paix et le dialogue qui puisse résoudre cette crise, mais hélas, c'est encore loin d'être le cas !
Bilan de l'offensive : 1200 morts dont 410 enfants et 108 femmes.
4ème attaque israéliennes contre des écoles des Nations Unies.
L'assemblée générale de l'ONU a adopté à une large majorité une résolution exigeant un cessez-le-feu immédiat et durable menant à un retrait total des forces israéliennes.
avec 142 voix pour ; 6 contre et 8 abstentions.
Mais les résolutions de l'Assemblée ne sont pas contraignantes.
Un cessez-le-feu unilatéral ne réglera rien !
Israël n'a pas l'intention de céder et prévoit de déclarer un cessez-
le-feu unilatéral, mais de maintenir ses forces positionnées." Ce cessez-le-feu unilatéral ne prévoit pas de retrait et malgré le cessez-le-feu, Israël se réserve le droit de répondre à toute attaque du Hamas " , a insisté un responsable israélien. " Même si Israël décrète une trêve samedi, les forces israéliennes resteront positionnées dans le territoire palestinien pour une durée indéterminée "indique un responsable israélien.
" si le hamas décide d'ouvrir le feu, nous n'hésiterons pas à répondre et poursuivre notre offensive ".
Ehud Olmert et le ministre de la défense Ehud Barak donneront une conférence de presse samedi soir après la réunion du cabinet de sécurité qui doit décider d'une trêve unilatérale à Gaza.
Selon la radio militaire israélienne, Mr Olmert pourrait se rendre en Egypte dimanche pour la signature d'un accord permettant la mise en place du mécanisme de surveillance international de la frontière "
L'un des principaux objestifs d'Israël a été de couper les tunnels de ravitaillement en les bombardant.
" L'Egypte ne s'estime pas engagée par l'accord conclu entre Israël et les Etats-Unis pour lutter contre la contrebande d'armes vers Gaza " , a déclaré samedi le ministre égyptien des affaires étrangères." Nous ne sommes engagés que par la sécurité nationale égyptienne et la capacité égyptienne à protéger les frontières égyptiennes."
Pour le Hezbollah, si Gaza tombe " il sera difficile d'édifier un Etat palestinien indépendant et ils essayeront de nous imposer l'implantation ".
Un député du Esbollah au Liban a accusé les américains et les Israéliens de tenter de ressusciter les projets de transfert des Palestiniens à l'extérieur de leur pays " , " en s'en prenant à la résistance à Gaza , de supprimer le droit au retour, judaïser Jérusalem et créer un Etat palestinien dépourvu de la moindre souveraineté réelle" .
Les chefs du Hamas exigent :
- un cessez-le- feu ;
- le retrait des troupes israéliennes ;
-l'ouverture de l'ensemble des points de passage du territoire palestinien contrôlé par les islamistes ".
Selon lui " un tel scénario porterait en outre un coup rude à l'aura des armées régulières et favoriserait la montée en puissance des résistance populaires " ;
" Après la réussite du Hezbollah en juillet 2006, un succès du Hamas qui empêcherait l'Etat Hébreu d'arriver à ses fins pourrait même catalyser la formation de résistances populaires armées dans l'ensemble des pays arabes afin de restaurer les droits du peuple palestinien, de libérer les territoires occupés et d'imposer une paix juste et globale ".
Cela pourrait même mettre en danger l'existence d'Israël en imposant par exemple la formation d'un Etat binational en Palestine en y distribuant les pouvoirs d'une manière paritaire entre arabes et juifs ", estime le dimplomate.
" Un quatrième danger qui pèse sur Israël en cas d'échec à Gaza est de se retrouver incapable de demander à l'occident le soutien nécessaire pour attaquer éventuellement les complexes nucléaires iraniens ".
" Celui qui échoue face au Hamas ne peut en effet pas prétendre à la victoire face à des armées régulières et des résistance populaires combattant côte à côte contre lui ".
Le diplomate européen estime également que l'échec d'Israël aura de graves retombées sur l'ensemble des pays de la région qui sera dominée par les régimes extrémistes au détriment de la modération, un développement tragique qui ne sera pas s'en constituer une menace grave pour l'occident ".
Il conclut que l'offensive israélienne contre Gaza aura une incidence cruciale sur les deux projets ennemis de la région, à savoir le bloc des durs qui aspire à anéantir Israël et créer un nouveau Proche Orient Islamiste et l'option modérée qui oeuvre pour la paix, la stabilité et la prospérité."
Les pays arabes : Des pays désunis.
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En soutien à Gaza, 12 pays étaient réunis à Doha au Qatar au lieu des 22 que compte la ligue arabe. Mahmoud Abbas , L'Egyptze et l'Arabie Saoudite étaient absents.
Nouvelle réunion lundi au Koweit.
Le Liban aurait souhaité que la famille arabe s'unisse spontanément face à l'horreur de l'agression isrélienne.
" Nous croyons fermement que l'unité arabe et palestinienne peut doubler nos chances face à la machine de destruction israélienne et aux tentatives de disperser nos rangs ".
Le Liban est prêt à oeuvrer pour l'unification des positions arabes ainsi que pour la défense des droits du peuple palestinien ".
" Les discours d'indignation ne sont plus suffisants pour répondre aux aspirations de nos peuples " ;
" Les positions verbales resteront inefficaces, aussi fermes soient-elles, si elles ne sont pas accompagnées de mesures concrètes pour obtenir l'arrêt de l'agression et garantir la reconstruction de Gaza ".
" Nous devons commencer par unifier les positions arabes dans tous les domaines, en renforçant la solidarité interarabe et interpalestinienne. Si nous échouons, nous aurons permis à Israël d'atteindre ses fins, éventualité que nous devons absolument éviter, au nom de nos devoirs à l'égard de la cause palestinienne et de nos peuples ".
( Merci au quotidien " L'Orient le jour " pour ses éclairages ).
Seule la création effective d'un Etat Palestinien, non pas tronqué comme il l'est aujourd'hui mais dans les frontières de 1967... ; la mise en place d'une force internationale d'interposition en lieu et place de l'armée israélienne, pourront rétablir l'équité dans la région. La situation n'a que trop durée ! Les Etats-Unis doivent s'atteler à cette tâche ; refuser de cautionner cette guerre et obliger Israël à appliquer les résolutions des Nations Unies. En auront-ils le courage ? Il en va de la paix de la région et peut-être du monde.
Le livre d'un historien juif à lire absolumentCeux qui sont intimement familiers du peuple israélien réalisent que ce dernier n’est absolument pas informé des racines du conflit qui domine son existence. Assez souvent, les Israéliens en viennent à des arguments d’un genre bizarre qui ont tout leur sens dans le discours israélien, mais sont dénués de toute signification hors la rue juive. Un de ces arguments est le suivant : ’ces Palestiniens, pourquoi insistent-ils pour vivre sur notre terre (Israël), pourquoi ne s’installent-ils pas tout simplement en Égypte, en Syrie, au Liban ou dans n’importe quel autre pays arabe ?’ Une autre perle de sagesse hébraïque est du genre : qu’est-ce-qui ne va pas avec les Palestiniens ? Nous leurs avons apporté l’eau, l’électricité, l’éducation et tout ce qu’ils trouvent à faire c’est d’essayer de nous jeter à la mer. ’
De manière assez étonnante, les Israéliens même ceux de la soi-disant ’gauche’ et même ceux de la ’gauche’ intellectuelle sont incapables de comprendre qui sont les Palestiniens, d’où ils viennent et le pourquoi de leur résistance. Ils n’arrivent pas à comprendre qu’Israël a été créé aux dépens du peuple palestinien, de la terre palestinienne, des villages, des villes, des champs et des vergers palestiniens. Les Israéliens ne réalisent pas que les Palestiniens de Gaza et des camps de réfugiés de la région sont en réalité les populations dépossédées de Ber Shive, Jaffa, Tel Kabir, Sheikh Munis, Lod, Haïfa, Jérusalem et de bien d’autres villes et villages. Si vous vous demandez comment il se fait que les Israéliens ignorent leur histoire, la réponse est très simple, on ne la leur a jamais racontée. Les circonstances qui ont conduit au conflit israélo-palestinien sont bien cachées à l’intérieur de leur culture. Dans le paysage, les traces de la civilisation palestinienne d’avant 1948 ont été effacées. Non seulement la Nakba, le nettoyage ethnique en 1948 des indigènes palestiniens, ne fait pas partie des programmes scolaires israéliens, elle n’est pas même mentionnée ni discutée par aucun forum officiel ou universitaire israélien.
Dans le centre de presque chaque ville israélienne on peut trouver une statue commémorative en forme bizarre, presque abstraite, de tuyauterie. Cette tuyauterie est appelée Davidka et est en réalité un canon de mortier israélien de 1948. Il est intéressant de savoir que le Davidka était une arme particulièrement inefficace. Ses obus n’avaient pas une portée supérieure à 300 mètres et causaient peu de dégâts. Mais si le Davidka causait un minimum de dommages, il était par contre très bruyant. Selon l’histoire israélienne officielle, les Arabes, c.à.d. les Palestiniens, s’enfuyaient tout simplement pour sauver leurs vies dès qu’ils entendaient le Davidka au loin. Selon le discours israélien, les Juifs, c.à.d. les Israéliens ’récents ’ faisaient quelques feux d’artifices et les ’Arabes poltrons’ couraient tout simplement comme des idiots. Dans la version israélienne officielle, on ne trouve aucune mention des nombreux massacres planifiés et perpétrés par la jeune armée israélienne et les unités paramilitaires qui l’ont précédée. Il n’y a aucune mention non plus des lois racistes qui interdisent aux Palestiniens de revenir sur leurs terres et dans leurs maisons.
La signification de ce qui précède est assez simple. Les Israéliens ne sont absolument pas familiers avec la cause palestinienne. Dès lors, ils ne peuvent interpréter la lutte palestinienne que comme une lubie meurtrière irrationnelle. A l’intérieur de l’univers israélien avec son caractère judéo-centré et de seule réalité existante, l’israélien est une innocente victime et le Palestinien rien moins qu’un meurtrier barbare.
Cette grave situation qui laisse l’Israélien dans l’ignorance totale de son passé mine toute possibilité de réconciliation future. Dès lors que l’Israélien n’a pas un minimum de compréhension du conflit, il est incapable d’envisager la possibilité d’une solution qui ne serait pas l’extermination ou le nettoyage de ’l’ennemi.’ Tout ce que l’israélien a la possibilité de savoir sont des variations du récit de la souffrance juive. La souffrance des Palestiniens lui est complètement étrangère. ’Le droit au retour des Palestiniens’ lui semble une idée farfelue. Même les ’humanistes israéliens’ les plus en pointe ne sont pas prêts à partager le territoire avec ses habitants indigènes. Ce qui ne laisse guère d’autre possibilité aux Palestiniens que de se libérer eux-mêmes. A l’évidence, il n’y a pas de partenaire pour la paix du côté israélien.
Cette semaine, nous en avons appris un peu plus sur l’arsenal balistique du Hamas. Il est évident que le Hamas a fait preuve d’une certaine retenue avec Israël depuis trop longtemps. Le Hamas s’est retenu d’étendre le conflit à l’ensemble du sud d’Israël. Il m’est venu à l’esprit que les volées de roquettes qui se sont abattues sporadiquement sur Sderot et Ashkelon n’étaient en réalité rien d’autre qu’un message des Palestiniens emprisonnés. C’était d’abord un message à la terre, aux champs et aux vergers volés : ’Notre terre adorée, nous ne t’avons pas oubliée, nous combattons encore pour toi, au plus vite nous reviendrons, nous reprendrons là où nous avons été arrêtés’. Mais c’était aussi un message clair aux Israéliens. ’Vous là-bas, à Sderot, à Beer Sheva, Ashkelon, Tel Aviv et Haïfa, que vous le sachiez ou pas, vous vivez en réalité sur la terre qui nous a été volée.’
Voyons les choses en face, en réalité la situation en Israël est assez grave. Il y a deux ans, c’était le Hezbollah qui bombardait à la roquette le nord d’Israël. Cette semaine, le Hamas a prouvé sans doute possible sa capacité à distribuer au sud d’Israël quelques cocktails de missiles vengeurs. Dans le cas du Hezbollah comme dans celui du Hamas, Israël n’a pas trouvé de réponse militaire. Il peut certes tuer des civils mais ne parvient pas à enrayer les tirs de roquettes. L’armée israélienne n’a pas les moyens de protéger Israël sauf si recouvrir Israël d’une toiture en béton peut être vu comme une solution viable. Au bout du compte, c’est peut-être ce que les responsables israéliens essaieront de faire.
Mais nous ne sommes pas à la fin de l’histoire. En fait ce n’est que le début. Tous les experts du Moyen-Orient savent que le Hamas peut prendre le contrôle de la Cisjordanie en quelques heures. En fait, le contrôle de l’Autorité Palestinienne et du Fatah sur la Cisjordanie est maintenu par l’armée israélienne. Dès que le Hamas se sera emparé de la Cisjordanie, les plus grands centres urbains israéliens seront à sa merci. Pour ceux qui ne parviennent pas à le voir, ce serait la fin de l’Israël juif. ça peut arriver dès ce soir, dans trois mois ou dans cinq ans, la question n’est pas de savoir ’si ça se produira’, mais ’quand.’ A ce moment là, l’ensemble d’Israël sera à portée de tir du Hamas et du Hezbollah et la société israélienne s’effondrera, son économie sera ruinée. Le prix d’une maison individuelle de Tel Aviv nord équivaudra à celui d’un cabanon à Kiryat Shmone ou à Sderot. Au moment où une seule roquette touchera Tel Aviv, c’en sera terminé du rêve sioniste.
Les généraux israéliens le savent, les dirigeants Israéliens le savent. C’est pourquoi ils intensifient la guerre d’extermination contre les Palestiniens. Les Israéliens n’envisagent pas d’occuper Gaza. Ils n’ont rien perdu là-bas. Tout ce qu’ils veulent c’est terminer la Nakba. Ils larguent des bombes sur les Palestiniens dans le but de les anéantir. Ils veulent les Palestiniens hors de la région. Il est évident que ça ne marchera pas et que les Palestiniens resteront. Non seulement ils resteront, mais le jour de leur retour chez eux ne fait que se rapprocher vu qu’Israël a épuisé ses tactiques les plus meurtrières.
C’est précisément à ce moment que le déni israélien de la réalité entre en jeu. Israël a dépassé le ’point de non retour’. Son destin funeste est gravé au creux de chaque bombe qu’il largue sur les civils Palestiniens. Il n’y a rien qu’Israël puisse faire pour se sauver lui-même. Il n’y a pas de stratégie de sortie. Il ne peut pas négocier une issue à ce conflit car ni les Israéliens ni leurs dirigeants n’en comprennent les paramètres fondamentaux. Israël n’a pas les moyens militaires d’achever cette bataille. Il peut réussir à tuer les leaders de la base palestinienne comme il le fait depuis des années, pourtant la résistance et l’opiniâtreté des Palestiniens ne font que se renforcer au lieu de faiblir. Ainsi que l’avait prédit un général des services de renseignements israéliens pendant la première Intifada, ’pour vaincre, tout ce que les Palestiniens ont à faire est de survivre. » Ils survivent et ils sont en fait en train de vaincre.
Les dirigeants Israéliens comprennent tout ça. Israël a déjà tout essayé, retrait unilatéral, famine et maintenant extermination. Ils ont cru se débarrasser du problème démographique en se recroquevillant dans un ghetto juif intime et douillet. Rien n’a marché. C’est la ténacité palestinienne incarnée par la politique du Hamas qui définit l’avenir de la région.
Tout ce qui reste aux Israéliens c’est de s’accrocher à leurs oeillères et à leur déni de la réalité pour fuir leur le triste destin qui leur est déjà fixé. Tout au long de leur déchéance, les Israéliens entonneront les divers chants de victimisation dont ils sont coutumiers. Imprégnés d’une réalité faite de suprématie égocentrée, ils seront hypersensibles à leurs propres souffrances tout en restant aveugles à celles qu’ils infligent aux autres. De façon assez singulière, les Israéliens se comportent comme un collectif uni quand ils bombardent les autres mais, s’ils sont légèrement blessés, ils deviennent des monades de vulnérabilité innocente. C’est cet écart entre la façon dont les Israéliens se voient et celle dont les autres les voient qui transforme les Israéliens en monstrueux exterminateurs. C’est cet écart qui les empêche de comprendre les tentatives nombreuses et répétées de détruire leur État. C’est cet écart qui empêche les Israéliens de comprendre la signification de la Shoah et d’être capable d’éviter la prochaine. C’est cet écart qui empêche les Israéliens de faire partie de l’humanité.
Une fois encore, les Juifs devront errer vers une destinée inconnue. D’une certaine manière, j’ai personnellement commencé mon voyage depuis un moment.
Source : Living on Borrowed Time in a Stolen Land
http://palestinethinktank.com/2009/01/03/gilad-atzmon-living-on-borrowed-time-in-a-stolen-land/
VERSION FRANCAISE
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=6755&lg=fr