Affamer les tumeurs cancéreuse : une nouvelle piste
Le développement des tumeurs cancéreuses est très dépendant des nutriments que leur apporte le sang. 
L'équipe du Dr Janusz Rak avec Dr. Khalid Al-Nedawi and Brian Meehan, de l'Institut de recherche du Centre Universitaire de Santé McGill (CUSM) à l'Hôpital de Montréal pour enfants, vient de mettre en évidence un nouveau mécanisme par lequel les tumeurs stimulent la croissance des vaisseaux sanguins qui les alimentent. D'autre part les chercheurs ont aussi décrit comment contrôler ce processus, ce qui pourrait déboucher sur de nouveaux espoirs thérapeutiques dans le futur. Ces résultats ont été publiés cette semaine dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).
Selon les chercheurs, les cellules tumorales peuvent émettre des "bulles", appelées microvésicules, qui leur permettent de communiquer avec les cellules endothéliales des vaisseaux sanguins et d'induire un changement de leur comportement. Quand ces vésicules quittent la tumeur elles emportent certaines protéines cancéreuses; lors de leur arrivée dans les cellules endothéliales ces protéines déclenchent des mécanismes qui favorisent la formation anormale de nouveaux vaisseaux sanguins. Ceux-ci vont croître vers la tumeur, et lui apporter les nutriments dont elle a besoin pour se développer. En effet, une famille de molécules dérivées de l'annexine V semble efficace pour lutter contre ce processus, et ainsi aboutir à "affamer" la tumeur. "La molécule que nous avons utilisée est aussi efficace in-vitro que in-vivo. Elle empêche la formation de nouveaux vaisseaux sanguins chez des souris atteintes de cancer, et ainsi limite très fortement l'expansion de la tumeur," explique le Dr Rak. Cette molécule, la Diannexin, permet de bloquer la fusion entre les vésicules et les cellules endothéliales in-vitro. Chez les souris atteintes d'un cancer, la Diannexin permet de freiner le développement des vaisseaux sanguins vers la tumeur, et entraîne ainsi une régression du cancer.
"Nous avions déjà mis l'existence de ces vésicules en évidence, ainsi que leur importance pour la communication entre les cellules cancéreuses et leur environnement. Mais cette découverte est beaucoup plus ciblée et représente une nouvelle direction pour la recherche thérapeutique." se réjouit le Dr Rak.
( source : ADIT - Montréal )