Les abeilles tuées par la " perméthrine ".

Publié le par roselyne

 La molécule qui sauve les bovins tue les abeilles.
Les apiculteurs professionnels de l'Ariège lancent un cri d'alarme : depuis décembre 2008, des mortalités importantes dans des colonies d'abeilles, dans des secteurs différents, mais toutes dans des zones d'élevage, ont été constatées.
 Les abeilles rescapées n'arrivent pas à maintenir la température nécessaire dans la ruche car  elles ne sont plus assez nombreuses  et meurent de froid. Autour de la reine leur peloton est gros comme une mandarine.
Ailleurs, les ruches ont même été abandonnées et il n'y a plus que des cadavres d'abeille ; des  colonies entières sont retrouvées vides.
Selon les endroits, entre  50 et 80% des ruchers sont perdues.
Sur les 30 apiculteurs professionnels de l'Ariège, 25 sont touchés par cette mortalité particulière.
Dès  la fin de l'été, les apiculteurs avaient constaté une mortalité inhabituelle dans des zones de montagne sauvage, jusqu'ici épargnées.
Le phénomène s'est aggravé jusqu'à culminer en Décembre.
 " Le fait que l'hécatombe se situe à proximité de zones d'élevage, nous fait envisager que les désinfectants utilisés dans la lutte contre la propagation du moucheron qui  transporte le virus de la fièvre catarrhale pouvaient en être la cause " , ont expliqué les apiculteurs.
" Nous avons effectué des prélèvements d'abeilles fraîchement mortes pour les envoyer au Laboratoire d'analyses du CNRS à Solaize. Les conclusions sont sans appel : intoxication à la perméthrine à des doses justifiant la mortalité des colonies ".
On retrouve cette molécule dans les produits pulvérisés sur les étables et leurs abords, dans les véhicules de transport.La perméthrine est l'un des moyens de prophylaxie dans la lutte contre la FCO.
Dans  les régions concernées par la maladie de la " langue bleue " on constate des mortalités hivernales importantes d'abeilles. C'est le  cas pour l'Aude, l'Aveyron, les Hautes-pyrénées, les Pyrénées orientales mais aussi dans le nord.
" Nous souhaitons que cesse la désinfection et que l'on s'intéresse au renforcement des défenses immunitaires des troupeaux " déclarent les apiculteurs et éleveurs présents.
" On a jusqu'ici privilégié le souci économique non le souci sanitaire ".
Le directeur départemental  des services vétérinaires a annoncé qu'une mission d'évaluation composée de 2 enquêteurs de la Brigade nationale d'Enquête vétérinaire et phytosanitaire ( BNEVP ) arrivaient en Ariège pour 2 semaines avec pour objectif d'effectuer la corrélation entre la mortalité observée et les pratiques de désinsectisation qui ont été mises en oeuvre.

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Publié dans bio-diversité

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