Le retour de la France dans le commandement de l'OTAN
Le retour de la France dans le commendement intégré de l'OTAN devrait être entériné le 3 et 4 avril à Strasbourg mais suscite des oppositions aussi bien à gauche, au centre et dans une partie de la droite gaulliste.
La France est le 4ème contributeur financier de l'OTAN et a participé à toutes les opérations de l'OTAN depuis 1995.
Elle va soutenir la candidatured'un européen au poste de secrétaire général de l'OTAN.
Un vote faussé : En demandant à l'assemblée de se prononcer pour ou contre la réintégration, le vote revient pour les députés à se prononcer pour ou contre le gouvernement.
Contre :
Hubert Védrinea démonté, sur Europe 1, l'argumentaire de Nicolas Sarkozy pour justifier le retour de la France dans le commandement del'OTAN.
En se réintégrant dans ce système, alors que rien ne le justifie, on diminue la possibilité d’avoir une analyse spécifique, une autonomie de pensée, une autonomie de décision (…). Pourquoi cette décision ? Pourquoi renoncer à cette situation qui était commode pour la France, autour de laquelle il y avait un consensus droite-gauche qui est maintenant brisé — même au sein de la droite d’ailleurs ? [Une situation] qui était tout à fait admise sur le plan international. Les Américains s’y étaient adaptés. (…) Pourquoi renoncer à une situation qui ne présente que des avantages ?
Lorsque Jean-Pierre Elkabbachlui a, par exemple, opposé l’argument qui consiste à direqu’un pays affichant sa proximité avec les Américains acquiert nécessairement force et indépendance, l’ancien ministre des Affaires étrangères s’est presque fait moqueur : « C’est ce qu’ont cru les Britanniques (…). Il faut avoir la foi pour croire cet argument, la foi atlantiste ! »
Hubert Védrine n’accorde d’ailleurs pas plus de crédit à la thèse qui voudrait qu’il soit « plus facile » de réformer l’Alliance de l’intérieur que de l’extérieur : « Là aussi, c’est une question de foi ! Tous ceux qui ont l’expérience des Etats-Unis (…), de la machinerie de l’Otan (…), peinent à croire que ce soit plus facile d’organiser, d’obtenir cette évolution de l’intérieur que de l’extérieur (…). C’est un pari. Mais est-ce que les responsables de la France sont là pour jouer aux dés ? Je ne suis pas sûr… »
« Le système est fait pour qu'il n'y ait qu'une seule tête... »
Et pour l’ancien ministre socialiste d’expliquer que l’arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche ne changera « rien ». En tout cas, « rien » en ce qui concerne l’Alliance de l’Atlantique Nord. Les Américains, explique-t-il, « veulent le partage du fardeau » mais « il n’y a jamais eu de partage de la décision » car « le système intégré est fait pour qu’il n’y ait qu’une seule tête... »
Si l’on ajoute à cela « la référence constante dans le discours actuel à la famille occidentale », pour l’ancien ministre de François Mitterrand, l’Otan « sous sa forme actuelle » est tout simplement caduque...
Les pays membres : Belgique, France, Islande, Norvège, Turquie, Grèce, Luxembourg, Portugal, Danemark, Hongrie, Pays-bas, Espagne, Royaume-Uni, Etats-Unies, Italie, Pologne, Canada, Allemagne, République Tchèque.
Le traité de l'Atlantique nord a été signé à washington le 4 avril 1949, créant une alliance de 12 états indépendants pour assurer leur défense mutuelle collective.
Ce qu'il faut redéfinir : ses missions et les objectifs futurs ; pour qu'elle soit principalement une force de maintien de la paix dans le monde.
A part les Etats-Unis et le Canada, les pays qui la compose sont en majorité européens. Mais comment faire concilier une politique de défense commune avec des pays comme la Pologne, la République Tchèque, qui ont encore en mémoire la guerre froide ; les Etats-Unis, qui se pensent avoir une mission de gendarmes du monde et la France, qui voudrait ( peut être ) qu'un basculement du commandement se fasse vers l'Europe et dont on ne connait pas
les buts précis ?