En France, aider les sans-papiers est un délit !

Publié le par roselyne

Action collective( photo :blogalimentationgenerale ) Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit !

Objectif chiffré de reconduites à la frontière pour 2010 : 28 000
Objectif chiffré d’interpellations d’aidants pour 2010 : 5 500
(source : Loi de finances 2009)

Aujourd’hui, en France, il est devenu criminel d’accueillir, d’accompagner, ou seulement d’aider une personne en situation irrégulière…..

Le 18 février 2009, à 7h 45 du matin, la police frappe à la porte de Monique Pouille, 59 ans, bénévole aux Restos du coeur et à l’association Terre d’errance. Depuis deux ans et demi, cette femme organise les dons de nourriture et d’habits pour les migrants qui errent autour de Calais dans l’espoir de passer en Angleterre. Elle recharge aussi leurs portables. Les policiers lui on dit : « on vient vous chercher pour vous mettre en garde à vue, pour flagrant délit d’aide aux personnes en situation irrégulière ».

L’interpellation le 16 février 2009 d’Hamid, un sans‐papier accueilli par la communauté Emmaüs de Marseille Pointe‐Rouge, s’est transformée le 17 février 2009, en opération policière dans cette communauté. Ainsi, sur décision du parquet de Marseille une perquisition a eu lieu dans la dite communauté Emmaüs aux fins de recenser la présence d’éventuels compagnons sans papiers. Dans le même cadre, Kamel un responsable de la communauté a été mis en garde à vue pendant 6 heures le 17 février.

Ces faits s’ajoutent à une liste déjà longue de militants associatifs ou de citoyens ordinaires poursuivis pour avoir manifesté leur solidarité ou agi avec humanité à l’égard de migrants privés du droit au séjour. Alors demain, quels gestes du quotidien seront punis pour remplir les objectifs du Ministère de l’immigration ? Votre médecin sera‐t‐il interpelé pour avoir soigné un sans‐papier malade, ou votre facteur pour lui avoir distribué son courrier ? L’instituteur de vos enfants sera‐t‐il inquiété pour avoir appris à lire à un enfant dont les parents sont en situation irrégulière ?

Nous sommes tous concernés : parce qu’ avant d’être « sans‐papiers », ces hommes, ces femmes et ces enfants sont des personnes en difficulté, isolées et démunies et il est de notre devoir de citoyen de les aider dans la dignité et le respect dû à chaque être humain.

Alors si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit !

Mercredi 8 avril 2009, à 10h00, devant les palais de Justice de Paris, Lille, Marseille, Strasbourg, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Rennes et ailleurs en France, nous serons 5 500 à nous présenter comme prisonniers volontaires, affirmant avoir, un jour, aidé un homme ou une femme sanspapiers en difficulté. Nous serons 5 500 citoyens décidés à rester des « aidants » !

Si vous souhaitez participer à ces rassemblements, vous pourrez dès vendredi 27 mars vous inscrire sur le site d’Emmaüs France.

D’ici là, pour tout renseignement ou pour faire part de votre participation, n’hésitez pas à prendre contact avec Teddy Roudaut : troudaut@emmaus‐france.org – 01 41 58 25 32

SOYEZ NOMBREUX A NOUS REJOINDRE !!!!
Le 23 mars 2009

Premières Associations Partenaires :
Cimade, Comede, Emmaüs France, Fasti, Fédération Entraide Protestante, Gisti, RESF, Uniopss, Secours Catholique

 Un témoignage parmi tant d'autres...Expulsions des sans-papiers en Seine-Maritime

 

Dernièrement, une personne de nationalité étrangère s’est rendue en Préfecture de Seine-Maritime afin d’engager des démarches pour régulariser sa situation.Lors du rendez-vous, le fonctionnaire de la préfecture, chargé d’étudier son dossier a apparemment consulté le fichier AGEDREF, fichier informatisé de gestion des titres de séjour. Il a alors constaté que cette femme, avait eu une obligation de quitter le territoire.
Il a sans aucun doute saisit ensuite le chef de la section Éloignement, qui lui-même a du saisir la Direction départementale de la Sécurité publique (DDSP).

Cette personne a été arrêtée et conduite au Centre de rétention administrative de Oissel. Deux jours après, elle était expulsée.

 

Cette histoire semble être maintenant courante dans notre département.Au-delà de ces procédures administratives, les méthodes employées sont réellement insupportables. Ces arrestations dans la Préfecture posent un problème d’humanité. Ce faire arrêter ainsi au sein même d’un service de l’Etat est inadmissible et scandaleux. Comment faire valoir ses droits au séjour si de telles menaces pèsent sur les épaules des sans-papiers ?

Nous vivons décidément dans notre pays, une période noire, faite de craintes, de dénonciations, de non prise en compte des souffrances et des histoires propres à chaque homme et chaque femme vivant sur notre territoire.
La politique du chiffre est la seule motivation de ce gouvernement. Il est évident qu’avec le zèle de certains, l’Etat peut arriver à ses fins.

Les élu-es communistes de Rouen condamnent fermement ces expulsions, demandent un moratoire sur celles-ci, expriment leur solidarité avec tous les bénévoles, militant-es associatifs qui dans une situation difficile tentent de venir en aide aux sans-papiers, en pleine détresse face à cette politique.
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