Les statistiques ehtniques en débat !
Pour ou contre les statistiques ethniques ?
Certains, comme Fadéla Amara, ou Alain Juppé sont contre.
Ce dernier déclarait à Europe 1 : " quand j'ai créé les zones franches urbaines dans les quartiers en difficulté, c'est une forme de discrimination positive puisque l'on donne plus à ceux qui ont moins. Mais sur des critères objectifs ! Sur des taux de chômage, sur des niveaux de revenus, sur des taux d'illettrisme. Ça oui ! en revanche, sur la couleur de la peau, non ! ".
Les conclusions de la Commission présidée par Simone Veil s'est également opposée à une discrimination positive basée sur des critères ethniques.
Pour eux et d'autres, avec qui je suis d'accord, le principe constitutionnel d'égalité interdit d'élaborer " une nomenclature officielle " qui classerait les individus comme étant noirs, blancs, juifs, etc...ces statistiques existent aux Etats-Unis et en Angleterre mais dans ces pays les communautés sont admises de fait.
SOS Racisme est aussi hostile à toutes statistiques ethniques.
Pour ceux qui sont pour, les enquêtes seraient anonymes et volontaires mais les citoyens seraient interrogés sur la manière dont ils se définissent et se sentent perçus dans la société ...Le but est d'analyser les mécanismes, de comparer les chances, de suivre les évolutions...voyez les fameux sondage sur l'électorat noir en France publié en janvier 2007 par le Parisien pour le compte du Conseil représentatif des associations noires ( CRAN ); le résultat majeur n'est pas le nombre de personnes concernées, mais le fait que plus de 60% des électeurs ayant conscience d'être perçus comme noirs disaient avoir subi des discriminations en un an.
Ce chiffre brut mêle-t-il plusieurs sources d'inégalités ?
Un autre descriptif des origines l'aurait-il fait reculer ? Il ne faut pas s'interdire de " répliquer " l'expérience et de l'évaluer, tout en prenant les précautions nécessaires pour ne pas bâtir de " référentiel ethno-racial " à l'américaine, c'est-à-dire une nomenclature des groupes faisant foi pour l'administration.
On ne morcelle pas la société parce qu'on mesure les inégalités de revenu, de santé ou d'éducation. On ne la divise pas davantage en mesurant l'ampleur des discriminations.
Offrir à l'idéal républicain d'égalité des chances la possibilité de se mesurer au réel, ce n'est pas le miner, c'est le conforter...
L'égalité des chances doit être mesurée pour tous et non pour certaines catégories de population.
La couleur n'est pas un critère de mesure sociale. On s'aperçoit que les fils d'ouvriers sont de moins en moins nombreux dans les facultés et dans les grandes écoles qu'il y a 30 ans ; Les enfants qui habitent en campagne ne sont-ils pas plus défavorisés, par exemple au niveau culturel, par rapport à ceux des villes ?.... les classes moyennes peuvent-elles se loger correctement aujourd'hui ? Les ouvriers partent-ils en vacances tous les ans ?
Il y a suffisamment de critères sociaux pour établir des statistiques sans établir des statistiques subjectives sur le ressenti de la couleur des gens !