Mise en place du Fonds stratégique d'investissement

Publié le par roselyne

 Christine Lagarde a présenté au conseil des ministres une communication relative à la mise en oeuvre du fonds stratégique d'investissement.
Il est aujourd'hui  opérationnel.
Il a été constitué le 19 décembre 2008.  Il a été doté fin février 2009 de 1 milliard d'euros    détenu à 51% par la Caisse des dépôts et consignations ( CDC ) et à 49% par l'Etat ; 5 milliards d'euros d'apport numéraire seront libérés progressivement en fonction des perspectives d'investissement du FSI.
Il sera doté de 20 milliards d'euros d'apports,   dont 6 milliards en numéraire et 14 milliards de participations.

Les apports de participations, pour une valeur totale de 14 milliards d'euros seront effectifs d'ici à juillet prochain.
Ils seront principalement constitués de participations minoritaires dans des entreprises cotées.
Les apports de l'Etat  sont constitués :
- d'une partie de sa participation dans France Télécom ;
- d'une fraction minoritaire du capital d'Aéroports de Paris, dont l'Etat restera l'actionnaire majoritaire en direct ;
- de la participation de 33,34% prise par l'Etat en novembre 2008 dans les ex chantiers de l'Atlantique.
La caisse des dépôts et consignations communiquera prochainement sur le contenu de ses apports.



 

Le FSI a reçu  près de 80 dossiers pour des investissements potentiels et a entamé l'examen de près de soixante d'entre eux.
  Il a déjà annoncé plusieurs prises de participation ( Daher, Valéo, Faninia et Léo To Lite ) pour un montant de 125 millions d'euros.
Le FSI apporte également 200 millions d'euros au Fonds de modernisation des équipementiers automobiles, créé lors des Etats  généraux de l'automobile le 20/01/2009.
Objectifs :
- financer le développement des PME de croissance, via le programme France Investissement ;
- favoriser la croissance d'entreprises innovantes de  taille  moyenne qui disposent d'un potentiel de création de valeur  dans des secteurs en mutation ; aider des entreprises de taille moyenne à émerger comme acteurs  de référence sur leur segment ;
- stabiliser le capital de grandes et moyennes entreprises qui jouent un rôle important dans leur secteur.
Il investira sur le  long terme et de manière privilégiée  dans les entreprises stratégiques pour la compétitivité de l'économie.
Il jouera un rôle d'actionnaire en veillant à l'application de principes de bonne gouvernance, en particulier en matière de rémunération, conformément au  décret du 30 mars 2009.
( source : Conseil des ministres ).

Le nouveau Fonds stratégique d'investissement a six milliards de liquidités dans l'immédiat
 
Nicolas Sarkozy le voulait, il a désormais son fonds souverain. Doté de 20 milliards d’euros, le Fonds stratégique d’investissement (FSI), dont les contours ont été dévoilés hier par le président de la République, ne boxe cependant pas dans la même catégorie que ses homologues chinois ou du Golfe. Il se classera aux alentours du 18e rang du secteur, aux côtés des fonds algérien et sud-coréen. Dans l’immédiat, sa capacité d’investissement ne sera même que de 6 milliards d’euros.

Une somme que cette société anonyme, contrôlée à 51 % par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et à 49 % par l’Etat, pourra compléter en levant des fonds sur le marché. Des moyens qui paraissent limités, tant la mission du Fonds est vaste. Il sera «une arme anticrise», destinée à intervenir «massivement chaque fois qu’une entreprise stratégique aura besoin de fonds propres» et ne trouvera pas à se financer, selon le chef de l'Etat. Il devra aussi protéger le capital d’entreprises jugées elles aussi «stratégiques».

 

 

Le solde des ressources du FSI, soit 14 milliards d’euros, provient de participations existantes. L’Etat lui apportera ses titres Air France (15,65% du capital), Renault (15%), et une partie de ses 22,7% de France Télécom, à hauteur de 7 milliards. La CDC, présente au capital de la plupart des sociétés du CAC 40, y contribuera pour le même montant. Ses parts dans Dexia et CNP seront exclues du périmètre. Ses investissements dans le non-coté, logés dans CDC Entreprises, viendront compléter la corbeille.Pour accroître sa force de frappe, le Fonds stratégique pourrait donc aussi procéder à des arbitrages, notamment sur les participations héritées de la Caisse des dépôts.Le chef de l’Etat a aussi ouvert la porte du FSI «à des fonds souverains européens ou même étrangers (sic), à partir du moment où c'est transparent, où on connaît et que ça fait effet de levier pour développer encore l'investissement». Une démarche qui prolonge celle de la CDC, qui a constitué un club des investisseurs de long terme où figure déjà son homonyme italienne. Augustin de Romanet, le directeur général de l’institution de la rue de Lille, a rencontré ces dernières semaines les dirigeants de certains fonds souverains du Moyen-Orient. A terme, la part de l'Etat dans le FSI pourrait descendre à 34 %.

«Il faut comparer ce qui est comparable, relativise un banquier. Les fonds souverains placent une grosse partie de leurs actifs en obligations. Avec 20 milliards investis uniquement en actions, le FSI a les moyens d’agir». A titre de comparaison, le fonds norvégien, qui gérait 2.100 milliards de couronnes au 30 juin (235 milliards d’euros), n’en investit que 20 % en actions européennes, soit l’équivalent de 47 milliards d’euros.

Le premier investissement du FSI n’exigeait d’ailleurs pas de soulever des montagnes : il s'agit d'une augmentation de capital de 85 millions d’euros, souscrite en partie par la CDC, pour financer la croissance du sous-traitant aéronautique Daher. L’entrée récente de l’Etat au capital des Chantiers de l’Atlantique à hauteur de 33,3 %, une part elle aussi apportée au Fonds stratégique, n'a coûté «que» 110 millions. Le FSI ne prendra de toutes façons que des participations minoritaires, détenues entre deux et dix ans.

Avec les moyens, la gouvernance du Fonds constitue l’autre point clé. Il sera doté d’un comité d’investissement indépendant, présidé par Patricia Barbizet, directeur général d’ Artemis. Jean-François Dehecq, président de Sanofi-Aventis, prendra la tête d’un comité d’orientation, incluant des représentants syndicaux. Quant à Augustin de Romanet, il présidera le conseil d’administration. Le Fonds sera soumis au contrôle de la Commission de surveillance de la Caisse des dépôts, c'est-à-dire des parlementaires, qui ont évité une OPA de Bercy sur les actifs de la Caisse. Reste à en nommer, dans les prochains jours, le directeur général.

 ( source : Blog : Le financier )

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