La 2ème conférence internationale contre le racisme
La deuxième conférence mondiale contre le racisme
s'est ouverte lundi à Genève du 20 au 24 avril.
Ban Ki-moon s'est dit profondement déçu par le manque de progrès sur le front de la lutte contre le racisme et l'intolérance.
" Le racisme persiste...aucune société n'est immunisée...c'est pourquoi les yeux du monde...et surtout ceux des victimes...sont sur nous aujourd'hui "... Nous parlons de tolérance et de respect mutuel, mais nous nous pointons du doigt mutuellement et nous nous livrons aux mêmes accusations aujourd'hui qu'il y a des années, si ce n'est des décennies. Certaines nations, qui de droit devraient aider à forger un avenir meilleur, sont absentes " a regretté Ban Ki-moon.
" Certains pays ont décidé de ne pas participer à la Conférence en raison de leur désaccord sur le contenu du projet de déclaration finale et sur la crainte que la conférence ne serve de plateforme à des déclarations antisémites ".
Il a estimé que le texte à l'étude à Genève " était soigneusement équilibré et qu'il traitait de questions clefs.
" Reconnaissons la différence entre un honnête désaccord et un pur esprit de division - ou pire - un véritable obstructionnisme " , a mis en garde le secrétaire.
La première avait eu lieu en Afrique du sud, à Durban, en mai 2001 et elle avait tourné en crise " politique " à cause des interventions de certaines ONG lors de leur Forum. Israël y avait été attaquée et avait claqué la porte avec les Etats-Unis. Cette année le forum des ONG a été supprimé, mais les Etats-Unis, Israël, l'Australie, le Canada, l'Italie, les Pays-bas, la Nouvelle-Zélande et la Pologne ont boycotté la conférence. L'Allemagne boycotte mais garde un poste d'observateur. Quant à la France, elle participe mais Bernanrd Kouchner déclarait : " Il faut être clair : nous ne tolérerons aucun dérapage, aucune provocation. Si le Président Mahmoud Ahmadinejad profère des accusations racistes ou antisémites, nous quitterons la salle immédiatement ".
La LICRA ( Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme ) elle a appelé Nicolas Sarkozy à prononcer" un discours fort " pour contrer les " menées obscurantistes des leaders des pays qui bafouent les droits de l'homme " à cette conférence.
Pourquoi une conférence mondiale en ce moment?
" La Conférence mondiale revêt une grande importance pour la communauté internationale parce que les questions qui y seront examinées sont des maux que nous devons combattre de toutes nos forces; parce que le racisme et la xénophobie - qui se manifestent à travers la discrimination et toutes les formes d'intolérance - sont à la base de nombreux conflits dans le monde; parce qu'ils constituent un élément essentiel du cercle vicieux de la pauvreté et de l'exclusion sociale; et parce que ces forces vont directement à l'encontre du message fondamental que véhiculent les droits de l'homme, à savoir que tout membre de la famille humaine a des droits égaux et inaliénables. "
[Mary Robinson, Haut commissaire aux droits de l'homme des Nations Unies, 19 mars 2001]
Historique
Un des principes directeurs de l'Organisation des Nations Unies, créée en 1945 à la fin de la seconde guerre mondiale, est celui de la non-discrimination en fonction de la race. Ce principe est clairement énoncé dans le Préambule de la Charte des Nations Unies qui réaffirme la "foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine". Par conséquent, les Nations Unies ont adopté la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 ainsi que d'autres instruments internationaux des droits de l'homme qui font explicitement allusion à ce principe.
L'étendue du problème
Malgré les efforts persistants de la communauté internationale, la discrimination raciale, les conflits ethniques et la violence continuent de subsister en divers points de la planète. Le monde a été récemment témoin de campagnes de "nettoyage ethnique". Les minorités raciales, les migrants, les demandeurs d'asile et les populations indigènes sont constamment la cible de l'intolérance. Des millions d'êtres humains continuent de faire l'objet de discrimination en raison de la couleur de leur peau ou d'autres éléments indiquant l'appartenance de race. Une action efficace et hâtive et des mesures d'alerte rapide sont requises afin d'empêcher que les problèmes de haine ethnique ne surgissent et ne dégénèrent en conflits violents.
Trois décennies d'efforts
Entre 1973 et 2003, l'Assemblée générale a désigné trois décennies de la lutte contre le racisme et la discrimination raciale pour garantir un soutien à ceux qui s'efforcent d'obtenir l'égalité raciale.
- Le Programme d'action de la première Décennie a été axé sur des mesures à prendre pour mettre en œuvre les instruments des Nations Unies concernant l'élimination du racisme et de la discrimination raciale et la poursuite d'une campagne d'éducation mondiale.
- Le Programme d'action de la deuxième Décennie a souligné les voies de recours pour les victimes de discrimination raciale. Son programme comprenait une campagne d'information destinée à sensibiliser l'opinion mondiale aux droits de l'homme et l'élaboration par la Commission des droits de l'homme d'une " législation type " pour guider les gouvernements dans la promulgation de lois contre la discrimination raciale.
- Le Programme d'action de la troisième Décennie qui s'achèvera en 2003 souligne le rôle central de l'éducation pour obtenir le respect des droits de l'homme. Il a été marqué par une vue élargie du problème du racisme et la constatation que chaque société dans le monde est affectée et entravée par la discrimination. La communauté mondiale ne peut plus se contenter d'aborder les conflits liés au racisme au fur et à mesure qu'ils surgissent : il est désormais impératif de s'attaquer aux causes premières du racisme et d'introduire des changements institutionnels afin d'empêcher qu'il n'éclate.
Sujets de préoccupation
En 1997, l' Assemblée générale des Nations Unies, dans sa résolution 52/111 du 12 décembre, a décidé de convoquer une conférence mondiale de la lutte contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée, au plus tard en 2001. Cette décision reflète la préoccupation internationale croissante à l'égard de la montée des incidents de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d'intolérance qui y est associée, et de l'identification des défis et des occasions de combattre ces phénomènes dans un monde sujet à une mondialisation croissante. En lançant un appel à un engagement accru lors du prochain millénaire en faveur des droits de l'homme, le Secrétaire général de l'ONU a déclaré : " Pour chaque droit que nous proclamons, des centaines d'abus sont commis chaque jour. Pour chaque voix dont nous garantissons la liberté, de nombreuses autres continuent d'être menacées. Pour chaque femme ou fillette dont nous soutenons les droits à l'égalité, des milliers d'autres souffrent de discrimination ou de violence. Pour chaque enfant dont nous cherchons à assurer le droit à l'éducation au cours d'une enfance pacifique, de nombreux autres échappent à nos efforts. Notre tâche n'est jamais véritablement accomplie. "
Les objectifs de la Conférence
Les objectifs de la Conférence mondiale, tels qu'ils ont été énoncés par la résolution 52/111 de l'Assemblée générale du 12 décembre 1997, sont: - Examiner les progrès accomplis dans la lutte contre le racisme et la discrimination raciale, notamment depuis l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme, et réévaluer les obstacles qui s'opposent à de nouveaux progrès et les moyens de les surmonter;
- Etudier les moyens de mieux garantir le respect des normes en vigueur et des instruments mis en place pour combattre le racisme et la discrimination raciale;
- Sensibiliser l'opinion publique face aux fléaux que sont le racisme et la discrimination raciale;
- Formuler des recommandations concrètes sur les moyens de rendre plus efficaces les activités et mécanismes des Nations Unies dans le cadre de programmes visant à combattre le racisme et la discrimination raciale;
- Analyser les facteurs politiques, historiques, économiques, sociaux, culturels et autres qui engendrent le racisme et la discrimination raciale;
- Formuler des recommandations concrètes pour l'adoption de nouvelles mesures aux niveaux national, régional et international visant à combattre toutes les formes de racisme et de discrimination raciale; et
- Elaborer des recommandations concrètes pour garantir que l'Organisation des Nations Unies dispose des ressources dont elle a besoin pour combattre le racisme et la discrimination raciale.
Le processus préparatoire de la Conférence
En 1998, l'Assemblée générale a désigné le Haut Commissaire aux droits de l'homme des Nations Unies, Mary Robinson, en tant que Secrétaire général de la Conférence. L'Assemblée a invité les Etats et les organisations régionales à établir, aux niveaux national et régional, des structures de coordination responsables de la promotion des préparatifs de la Conférence et de la sensibilisation de l'opinion publique à son importance et à ses objectifs. Les gouvernements, les organisations internationales et régionales et les organisations non gouvernementales sont tenus de participer aux préparatifs de la Conférence en entreprenant des évaluations et des études et en soumettant des recom-mandations, entre autres activités, au Comité préparatoire par le biais du Haut Commissaire aux droits de l'homme. La Commission des droits de l'homme fera fonction de Comité préparatoire de la Conférence.
Les organisations non gouvernementales sont encouragées à tenir une tribune avant et durant la Conférence et à participer activement aux préparatifs de la Conférence. Elles sont également tenues de soutenir le Haut Commissaire aux droits de l'homme et le Département de l'information de l'ONU dans leurs efforts visant à entreprendre une campagne mondiale d'information afin de faire prendre conscience à l'opinion publique mondiale de l'importance et des objectifs de la Conférence.
Etant donné l'importance de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de racisme et autres instruments des droits de l'homme, la Conférence mondiale accordera une importance particulière à la ratification et à la mise en œuvre des normes internationales pertinentes. En raison des développements technologiques dans les communications, la Conférence mondiale focalisera son attention sur l'utilisation, à mauvais escient, des nouvelles technologies et en particulier Internet.
L'engagement élargi de l'ONU
Tous les organes et les agences des Nations Unies sont tenus de contribuer activement à la Conférence mondiale. De plus, les mécanismes de l'ONU qui traitent du racisme et de la discrimination raciale - comme la Commission sur l'élimination de la discrimination raciale, la Sous-Commission de la lutte contre les mesures discriminatoires et la protection des minorités et les Rapporteurs spéciaux à la Commission des droits de l'homme - ont reçu la requête de fournir une participation active en vue d'assurer le succès de la Conférence mondiale.
Le Rapporteur spécial de l'ONU sur le racisme
En 1993, la Commission de l'ONUdes droits de l'homme a désigné un rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d'intolérance qui y est associée. En tant qu'expert indépendant, il a reçu pour mandat d'étudierles formes institutionnalisées et indirectes de racisme et de discrimination raciale contre les minorités nationales, raciales, ethniques, linguistiques et religieuses et les travailleurs migrants et les membres de leur famille dans le monde entier. Son travail sera inestimable dans le cadre des préparatifs de la Conférence.
Préparer le terrain pour le nouveau millénaire
La Conférence mondiale sera une occasion importante et unique de créer une nouvelle vision mondiale pour la lutte contre le racisme et la discrimination raciale au cours du nouveau millénaire. Afin d'avoir un réel impact, la Conférence devrait non seulement promouvoir une plus grande sensibilisation aux fléaux du racisme, mais déboucher également sur des actions décisives aux niveaux national, régional et international, afin d'aider ceux qui pâtissent au quotidien du racisme et de la discrimination raciale. Les efforts concertés et les contributions d'individus, de gouvernements, d'organisations intergouvernementales, d'organisations non gouvernementales et des divers organes et agences spécialisées des Nations Unies seront essentiels pour atteindre les objectifs de la Conférence et fournir des solutions durables à long terme.
Une perspective historique : les progrès accomplis et à accomplir
Les préparatifs sont en cours pour la tenue de la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée, à Durban (Afrique du Sud) du 31 août au 7 septembre 2001. La Conférence promet de faire date dans la lutte que mène l'Organisation des Nations Unies contre toutes les formes de discrimination et de préjugés.
Les efforts préalables des Nations Unies
En adoptant la Charte des Nations Unies en 1945, la communauté mondiale a accepté l'obligation de poursuivre la réalisation des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langage ou de religion. En décembre 1948, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Déclaration universelle des droits de l'homme qui stipule dans l'article 1 que tous les hommes naissent libres et égaux en dignité et en droits, ainsi que la Convention sur la prévention et la répression du crime du génocide qui fait du génocide un crime international.Jusqu'au début des années 60, les efforts se sont focalisés en partie sur la discrimination raciale dans les Territoires non autonomes où l'on s'attendait que la décolonisation annonce logiquement la fin du racisme. L'Assemblée générale a soutenu à plusieurs reprises la légitimité de la lutte des populations opprimées, surtout en Afrique du Sud, en Namibie et en Rhodésie du Sud.
La Déclaration de l'ONU sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale
Le 20 novembre 1963, l'Assemblée générale a adopté la Déclaration de l'ONU l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Dans son préambule, la Déclaration a reconnu que, malgré certains progrès, la discrimination en fonction de la race, de la couleur ou de l'origine ethnique continue de susciter de profondes inquiétudes.Dans l'article 1, elle réaffirme les principes de la Charte des Nations Unies et de la Déclaration universelle des droits de l'homme et leur importance primordiale pour de bonnes relations internationales :
" La discrimination entre les êtres humains pour les motifs de race, de couleur ou d'origine ethnique est une offense de la dignité humaine et doit être condamnée comme un désaveu des principes de la Charte des Nations Unies, comme une violation des droits de l'homme et des libertés fondamentales proclamés par la Déclaration universelle des droits de l'homme, comme un obstacle aux relations amicales et pacifiques entre les nations et comme un fait susceptible de troubler la paix et la sécurité entre les peuples. " La Déclaration n'est cependant pas juridiquement contraignante.
La Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale
Le 21 décembre 1965, l'Assemblée générale a adopté la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale. La Convention qui est un instrument juridiquement contraignant est entrée en vigueur le 4 janvier 1969 et a été reconnue par 160 pays Membres. Elle définit la discrimination raciale comme toute distinction, exclusion, restriction ou préférence fondée sur la race, la couleur, l'ascendance ou l'origine nationale ou ethnique et qui a pour but ou pour effet de détruire ou de compromettre la reconnaissance, la jouissance ou l'exercice... des droits de l'homme et des libertés fondamentales... " Les Etats Membres acceptent de condamner le racisme et d'adopter des mesures pour l'éliminer sous toutes ses formes. La Convention a également établi un comité pour l'élimination de la discrimination raciale. C'est le premier organe chargé du suivi des traités en matière de droits de l'homme. Il surveille la mise en œuvre de la Convention en évaluant les rapports des Etats Membres qui lui sont soumis.
L'Année internationale de la lutte contre le racisme et la discrimination raciale
En 1968, peu avant l'entrée en vigueur de la Convention, la première Conférence internationale sur les droits de l'homme qui se réunissait à Téhéran a appelé à la pénalisation des organisations racistes et nazies. Le 11 décembre 1969, l'Assemblée générale a désigné 1971 comme l'Année internationale de la lutte contre le racisme et la discrimination raciale. Elle a demandé à ce que l'Année " soit célébrée au nom du combat croissant contre la discrim-ination raciale sous toutes ses formes et manifestations et de la solidarité internationale avec ceux qui luttent contre le racisme ". Elle a lancé un appel urgent aux Etatspour qu'ils intensifient leurs efforts pour éliminer la discrimination raciale sous toutes ses formes contemporaines, y compris le nazisme et l'apartheid.
La décennie de la lutte contre le racisme et la discrimination raciale (1973-1982)
En guise de suivi à cette Année, l'Assemblée générale a invité la Commission aux droits de l'homme à soumettre des suggestions en vue d'une " Décennie de mobilisation vigoureuse et persistante contre le racisme et la discrimination raciale sous toutes ses formes ". La Sous-Commission de la lutte contre les mesures discriminatoires et la protection des minorités a formulé une ébauche de programme pour une telle décennie, et le 2 novembre 1972 l'Assembléegénérale a désigné une période de dix ans, à dater du 10 décembre 1973, en tant que Décennie de la lutte contre le racisme et la discrimination raciale.
Le programme de la Décennie a été axé sur une campagne d'éducation mondiale et d'adoption de mesures destinées à mettre en œuvre les instruments des Nations Unies préconisant l'élimination de la discrimination raciale. Ses objectifs ont été de promouvoir les droits de l'homme et les libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de couleur, d'ascendance ou d'origine nationale ou ethnique; d'éradiquer les préjugés raciaux, le racisme et la discrimination raciale; d'empêcher la continuation ou la progression des politiques racistes; de décourager le renforcement des régimes racistes; " d'isoler et de chasser les croyances erronées et mythiques, les politiques et les pratiques qui contribuent au racisme et à la discrimination raciale; et de mettre fin aux régimes racistes ".
La première Conférence mondiale de la lutte contre le racisme et la discrimination raciale
La première Conférence mondiale de la lutte contre le racisme et la discrimination raciale s'est tenue à Genève en 1978, au milieu de la première Décennie. Sa déclaration et son programme d'action ont réaffirmé la fausseté inhérente au racisme et la menace qu'il pose aux relations amicales entre les peuples et les nations. Elle a déclaré :
- Toute doctrine de supériorité raciale est scientifiquement fausse, moralement condamnable, socialement injuste et dangereuse et n'a aucune justification;
- Tous les peuples et les groupes humains ont contribué au progrès de la civilisation et aux cultures qui constituent le patrimoine commun de l'humanité;
- Toutes les formes de discrimination... fondées sur la théorie de la supériorité raciale, l'exclusion ou la haine sont une violation des droits fondamentaux de l'homme et menacent les relations amicales entre les peuples, la coopération entres les nations et la paix et la sécurité internationales.
Elle a explicitement condamné l'apartheid, "la forme extrême du racisme institutionnalisé", comme un crime contre l'humanité, un affront à la dignité du genre humain et une menace à la paix et à la sécurité dans le monde. Elle a également recommandé, en raison des graves inégalités économiques résultant de la discrimination raciale, que les efforts visant à combattre le racisme comprennent des mesures destinées à améliorer les conditions de vie des hommes et des femmes.
La deuxième Conférence mondiale de la lutte contre le racisme et la discrimination raciale
La deuxième Conférence mondiale de la lutte contre le racisme et la discrimination raciale, qui s'est tenue à Genève du 1erau 12 août 1983, a étudié et évalué les activités entreprises durant la Décennie et formulé des mesures précises pour assurerla mise en application des instruments des Nations Unies pour éliminerle racisme, la discrimination raciale et l'apartheid. Tout en réaffirmant sa condamnation du racisme, la Déclaration adoptée par la Conférence a énoncé que " le racisme et la discrimination raciale sont des fléaux persistants qui doivent être éradiqués dans le monde entier ". Elle a déclaré que l'apartheid révulsait la conscience et la dignité du genre humain, était un crime contre l'humanité et constituait une menace à la paix et à la sécurité internationales.
Elle a préconisé des mesures à prendre contre toutes les idéologies et les pratiques telles l'apartheid, le nazisme, le fascisme et le néofascisme fondés sur l'exclusion raciale ou ethnique ou l'intolérance, la haine, la terreur ou les dénis systématiques des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle a également noté la double discrimination à laquelle se heurtent souvent les femmes; elle a souligné le besoin urgent de protéger les droits des réfugiés, des immigrants et des travailleurs migrants; et elle s'est réjouie de l'établissement d'un groupe de travail des Nations Unies sur les populations indigènes. Elle a également recommandé le lancement d'une deuxième Décennie de la lutte contre le racisme et la discrimination raciale.
La deuxième Décennie de la lutte contre le racisme et la discrimination raciale (1983-1992)
Le 22 novembre 1983, l'Assemblée a étudié le rapport de la deuxième Conférence pour combattre le racisme et la discrimination raciale, notant avec inquiétude que, malgré les efforts de la communauté mondiale, les principaux objectifs de la première Décennie n'avaient pas été atteints et que des millions d'êtres humains continuaient d'être victimes de formes diverses de racisme, de discrimination raciale et d'apartheid. L'Assemblée a proclamé que la deuxième Décennie de la lutte pour combattre le racisme et la discrimination raciale devait s'ouvrir le 10 décembre 1983.
Une partie du Programme d'action de la deuxième décennie s'est concentrée sur l'élimination de l'apartheid et a demandé que le Conseil de sécurité envisage l'imposition de sanctions obligatoires contre le Gouvernement d'Afriquedu Sud. Le Programme a appelé les médias à jouerun rôle dans la dissémination d'informations sur les méthodes et les techniques à utiliser pour combattre le racisme et la discrimination raciale et a mis en garde contre le manque d'objectivité et la déformation qui peuvent apparaître quand des membres de minorités raciales ou ethniques sont privés de libre expression. On a recommandé des mesures pour la promotion et la protection des droits des personnes appartenant à des groupes minoritaires, des populations et des peuples indigènes ou faisant partie des travailleurs migrants; et la création de voies de recours pour les victimes de discrimination raciale. La deuxième Décennie a été témoin d'une des plus belles œuvres des Nations Unies : le Gouvernement sud-africain a libéré Nelson Mandelaen 1990 et s'est mis à démanteler le système d'apartheid.
La troisième Décennie de la lutte contre le racisme et la discrimination raciale (1993-2002)
En juin 1993, la deuxième Conférence mondiale sur les droits de l'homme s'est tenue à Vienne. La Déclaration et le Programme d'action de Vienne ont souligné l'interdépendance, l'indivisibilité et l'intégrité de tous les droits de l'homme. La Conférence a salué la fin de l'apartheid, mais a pris note de la sombre réalité de la montée de l'intolérance, de la xénophobie, du racisme et de la discrimination raciale dans plusieurs pays et a souligné les droits des minorités, des femmes et des populations indigènes.Le 20 décembre 1993, l'Assemblée générale a proclamé la troisième Décennie de la lutte contre le racisme et la discrimination raciale (1994-2003). Durant la même année, la Commission des droits de l'homme a désigné un rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d'intolérance qui y est associée. Il a présenté des rapports sur les formes institutionnalisées et indirectes de racisme et de discrimination raciale contre les minorités nationales, raciales, ethniques, linguistiques et religieuses et les travailleurs migrants dans le monde entier. Son mandat lui a également permis de soulignerde nouvelles manifestations de racisme et de xénophobie, en particulier dans les pays développés.
La troisième Décennie a par conséquent adopté une vue élargie du racisme, tout en constatant que toutes les sociétés dans le monde sont affectées ou entravées par la discrimination. La communauté internationale a entrepris de s'attaquer aux causes premières du racisme et d'appelerà des changements nécessaires pour empêcher que les problèmes engendrés par le racisme ou la discrimination raciale ne dégénèrent en conflits. Par la force des choses, le nettoyage ethnique et le génocide ont été pris en considération, ainsi que l'institutionnalisation de la xénophobie, et ce alors que certains Etats mettent en œuvre des mesures contre les travailleurs migrants. La mondialisation exerce de nouvelles pressions sociales, ce qui exige l'adoption de nouvelles méthodes pour combattre le racisme, ainsi qu'un engagement renouvelé.
Durban 2001 : le défi du nouveau millénaire
La Conférence mondiale sera axée sur des mesures concrètes propres à faire disparaître le racisme, qu'il s'agisse de mesures de prévention, d'éducation et de protection. Elle s'efforcera d'établir des voies de recours efficaces aux victimes du racisme et de la discrimination raciale. Les Nations Unies ont affirmé à plusieurs reprises leurs " responsabilités spéciales " à l'égard des victimes du racisme et de l'oppression. Selon Mary Robinson, haut commissaire aux droits de l'homme et la Secrétaire générale de la Conférence, " si la Conférence mondiale veut faire une différence, elle doit non seulement accroître la sensibilisation aux fléaux du racisme, mais également débouchersur des actions positives aux niveaux national, régional et international, susceptibles de soulager ceux qui portent le poids du racisme et de la discrimination raciale. C'est un sujet qui exige une volonté sans faille, une action disciplinée et persistante et une réflexion réaliste ".
La plupart des gens conviennent que l'on ne naît pas raciste mais qu'on le devient et que le racisme trouve surtout ses racines dans l'ignorance. Comme l'a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale le 21 mars 1999, " l'ignorance et les préjugés sont les meilleurs soutiens de la propagande... Notre mission consiste par conséquent à opposer l'ignorance à la connaissance, le fanatisme à la tolérance, l'isolement à la main tendue de la générosité. Le racisme peut, doit et sera mis en échec. "