Les banlieues ne sont que le reflet de notre société
Aux débuts des années 80 j'ai habité Vitry sur Seine, Cité Balzac, en banlieue parisienne. Un seul magasin avait échappé au saccage, et dans l'immeuble à côté du notre, la police n'entrait déjà plus. Le malaise en banlieue ne date pas d'hier et aucun gouvernement depuis plus de 30 ans, ne s'est réellement attaqué aux sources des problèmes.
Quand l'école ne joue plus son rôle d'ascenseur social et que malgré ses diplômes on ne trouve pas d'emploi parce on ne vient pas des grandes écoles, qu'on n'a pas un carnet d'adresse qui vous ouvre les portes, ou que la couleur de votre peau ou votre nom sont différents, je pense que les problèmes ne viennent pas de ceux qui habitent à la Courneuve ou à Vitry mais que c'est la société, nous tous, qui devons nous remettre en question.
Qu'a-t-on à offrir au jeunes dans une société où le culte de l'argent, de la consommation, des paillettes, sont devenus une fin en soi ? C'est si facile de se procurer de l'argent avec de la drogue ou des marchandises volées...et d'obtenir à moindre prix tous les biens de consommation qui ne seraient accessibles que beaucoup plus tard.
Réhabiliter les quartiers, les désenclaver, est aussi nécessaire, mais s'occuper des enfants dès la maternelle pour qu'il aient toutes leurs chances, leur offrir une formation, un travail, et ne laisser personne au bord du chemin c'est le rôle d'une société saine, qui aurait pour but le bonheur de l'individu et non la compétition ou l'argent comme seuls moteurs.