" Animaux nourris sans OGM "
De petits autocollants «Animaux nourris sans OGM» vont bientôt fleurir
sur les produits présentés à la vente dans les commerces bretons. Ce
sera sans doute autorisé dans quelques mois, mais c'est encore
illégal. La Région prend le risque...
La viande sans organismes génétiquement modifiés (OGM) existe, et on a
-heureusement! - le droit de la vendre, mais il est interdit de
préciser sur l'étiquette que l'animal n'a jamais avalé le moindre
organisme génétiquement modifié. Aujourd'hui, la seule référence
prévue concerne les produits végétaux où la présence d'OGM doit être
signalée dès qu'elle dépasse 0,9%. Pour les anti-OGM, conseil régional
en tête, cette réglementation a pour effet de maintenir les
consommateurs dans l'ignorance de la composition de leur nourriture,
et d'interdire ainsi au producteur bio de justifier le surcoût de sa
démarche, dû principalement au dispositif de traçabilité des produits.
Une loi avant la fin de l'année?
Pour Pascale Loget (vice-présidente du conseil régional, Les Verts),
cette loi se moque de l'avis de la majorité des Français et des
Européens, qui sont 70% à ne pas vouloir d'OGM dans leur assiette.
Aussi se réjouit-elle de l'avis que vient de rendre le Conseil
national de la consommation (CNC), et selon lequel il convient
d'autoriser désormais la mention «Animaux nourris sans OGM». «L'avis
du CNC est toujours suivi, et on peut espérer que la réglementation
sera modifiée avant la fin de l'année», se félicite l'élue. Elle voit
là le résultat du lobbying politique auquel se livrent les 53 régions
européennes qui se sont proclamées «libres d'OGM» dans le sillage de
la Bretagne, précurseur en la matière depuis 2004.
Pastilles ou étiquettes...
Forts de cette évolution prévue de la loi, la Région et le réseau
Cohérence ont voulu anticiper en éditant deux autocollants: un petit
panonceau pour proclamer libres d'OGM les boutiques bio labellisées
(*), et une pastille verte destinée à être apposée sur les produits
animaux. Evidemment, anticiper sur une loi à venir est une manière de
se mettre en infraction avec la loi en vigueur, qui interdit cet
étiquetage. «Ce ne sont pas des étiquettes mais des pastilles
pédagogiques», précise Pascale Loget dans un large sourire qui en dit
long sur la minceur juridique de son argutie. Mais elle ne craint pas
une procédure: si les tribunaux devaient être saisis de l'affaire,
elle y verrait au contraire une superbe tribune au service de la cause
anti-OGM.
* www.consommersansogmenbretagne.org est le nouveau site du guide des
produits bretons sans organismes génétiquement modifiés et des lieux
de vente les proposant à la vente.
* Alain Le Bloas
( source : Le telegramme.com )
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