Accroissement des inégalités dans le monde
" Violations des droits humains sur toute la planète " par Amnesty International.
Par Gaël VAILLANT
Amnesty international a rendu sa copie annuelle. Et elle est très pessimiste. En effet, le rapport publié jeudi par l'organisme de défense des droits de l'Homme brosse le portrait d'un monde déséquilibré par la crise économique et confronté à un accroissement des inégalités. Et malgré des disparités entre pays riches et pauvres, tous les pays sont touchés par ces discriminations.
Par Gaël VAILLANT
Amnesty international a rendu sa copie annuelle. Et elle est très pessimiste. En effet, le rapport publié jeudi par l'organisme de défense des droits de l'Homme brosse le portrait d'un monde déséquilibré par la crise économique et confronté à un accroissement des inégalités. Et malgré des disparités entre pays riches et pauvres, tous les pays sont touchés par ces discriminations.
Le rapport annuel d'Amnesty international a été présenté mercredi soir, à Londres, annonçant son lot de mauvaises nouvelles pour le respect des droits de l'Homme. La "crise", ou plutôt l'ensemble de crises, ont été l'occasion, selon le document de 424 pages, de nombreuses violations des droits humains sur toute la planète. Et l'état des lieux est autant alarmiste pour les mineurs du Katanga, en République démocratique du Congo, que pour les migrants repêchés au large de l'Italie et renvoyés sans vergogne en Lybie.
Cette année, la grande nouveauté, c'est "la crise". Une excuse efficace pour justifier le manque de moyens destinés à la défense des droits humains. "Notre organisme ne critique pas la mobilisation des Etats contre la crise économique et financière", précise au JDD.fr Francis Perrin d'Amnesty France, "mais nous dénonçons la concentration très, trop, forte des moyens mis à disposition pour limiter les dégâts." Et c'est bien cette conception des priorités que pointe l'organisme: "Les gouvernements de pays riches et puissants, qui disaient ne pas disposer des ressources nécessaires à la lutte contre la pauvreté, ont soudain trouvé des sommes infiniment supérieures pour voler au secours de banques à la dérive", insiste Irène Kahn, secrétaire générale d'Amnesty international.
Une multiplicité de crises
A la fois économique, sociale, alimentaire ou écologique, la crise est en réalité multiple et date de bien avant la chute de la banque américaine Lehman Brothers en automne dernier. Pour Amnesty, c'est aussi une crise des droits humains. Le coût et les conséquences de la chute des institutions financières devraient avoir "des répercussions sans précédent sur la protection des droits, de la vie et des moyens de subsistance des populations", prédit l'organisme. Et pour compléter ce portrait pessimiste du monde des droits de l'Homme, le rapport publié jeudi matin met en lumière des disparités accrues entre pays riches et pauvres: "Les riches sont responsables de la plupart des causes qui ont précipité la catastrophe, mais ce sont les pauvres qui en supportent les conséquences les plus graves."
Pour autant, Amnesty ne prétend pas vanter les mérites d'un modèle économique plus juste. "Même si, au sein de l'organisme, nos points de vue diffèrent, il n'y a pas d'incompatibilité de fond entre la croissance économique et les droits humains. Nous nous intéressons uniquement à l'impact social, désastreux, de l'application d'un modèle économique", précise Francis Perrin, ex-président de l'antenne française d'Amnesty internationale. Et le bilan de la chute de notre système boursier est lourd: la Banque mondiale a d'ores et déjà prévu que 53 millions d'habitants rejoindront en 2009 les rangs des personnes vivant dans la pauvreté. Plus de 200 millions de personnes vivront sous le seuil de pauvreté à la fin de l'année.
Personne n'est épargné
Alors que les prix des denrées alimentaires s'envolent, les suppressions de postes et les licenciements se comptent désormais en dizaine de millions à l'échelle planétaire. Conséquence du système capitaliste, les disparités économiques se transforment en inégalités énergétiques, sociales, juridiques, civiques, politiques. "Voilà pourquoi il faut accompagner la fin de la récession économique, prévue pour 2010, par des solutions durables concernant les crises écologiques, sociales et civiques", martèle Francis Perrin.
Et ce conseil ne vaut pas que pour les pays pauvres africains. Comme le montre un rapport publié en octobre 2008 par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dans les pays industrialisés aussi, la croissance économique a profité davantage aux riches qu'aux pauvres, ces dernières années.
( source : le jdd.fr )
( source : le jdd.fr )
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