L'affaire de l'IUMM
A quoi ont pu servir les 19 millions d'euros de la Caisse noire de l'IUMM ? A qui ont bien pu profiter tous ces millions ? C'est la question que nous nous posons tous.
Une enquête est ouverte ; espérons qu'elle ne durera pas des années et que nous en seront tenus informés.
Dans un entretien au " Monde " l'ancien président de l'IUMM , Denis Gautier-SAuvagnac réfute avoir touché une indemnité de départ en échange de son silence : " Dès l'éclatement de l'affaire, fin septembre 2007, j'ai dit publiquement que je ne dirai rien." ( Il devra pourtant il me semble s'expliquer devant la justice. )
" Il n'y avait donc rien à acheter ". " Compte tenu des tombereaux d'avanies que ce chapeau m'a valu, je suis prêt à le céder à qui voudra, avec les indemnités qui l'accompagnent."
Frédéric Saint-Geoirs , le nouveau patron déclare : " Seul Denis Gautier-Sauvagnac savait qui avait reçu les sommes incriminées " , pour sa part il se dit " impuissant face au refus de livrer les noms " !
Denis Gautier-Sauvagnac avait aussi déclaré que cet argent avait servi à " fluidifier " les relations de l'IUMM avec les syndicats."
De nombreuse personnes s'interrogent sur d'éventuelles enveloppes destinées au monde politique.
Le juge d'instruction , Roger Le Loir, en charge du dossier, semble s'intéresser lui aussi à la piste politique.
Il entendra Yves Bertrand, patron des RG ( Renseignements Généraux ) entre 1992 et 2004 qui a publié un livre : " Je ne sais rien mais je dirai ( presque ) tout."
Des enveloppes en liquide de la fameuse IUMM auraient servies pour la campagne de Giscard D'Estaing en 1974.
" A mon avis, tous les partis politiques en mesure de prendre le pouvoir ont profité un jour ou l'autre des largesses de l'IUMM."
Depuis 1988 " la loi sur le financement des partis politiques " aurait dû faire que ces pratiques n'existent plus. Mais est-ce bien le cas ?
Le Président de la CFE-CGC se fait plus précis encore lors d'une interview sur " Public-Sénat " : " Pourquoi ne pas s'intéresser à certains parlementaires dont chacun sait que, pendant des années, ils présentaient des amendements qui leur avaient été soigneusement rédigés par l'IUMM, notamment sur les questions relatives au temps de travail " ?
Le Porte-parole du PS, Julien Dray explique que :" tous ceux qui sont au coeur des négociations sociales savaient la place particulière et les relations particulières de l'IUMM avec les organisations syndicales."
" Le Medef s'est souvent servi des rapports de l'IUMM avec les organisations syndicales pour avancer dans ses rapports sociaux."
Les Syndicats , accusés " d'avoir bénéficié des fonds occultes de la fédération patronale, veulent que toute la lumière soit faite. Selon plusieurs syndicalistes, les fonds de l'IUMM ont pu être utilisés pour rémunérer les responsables politiques."
Maryse Dumas, secrétaire générale de la CGT, déclare à France Info : " Je compte beaucoup sur la presse parce que visiblement , ni les partis politiques, ni les responsables politiques , n'ont très envie que l'on connaisse la réalité de l'utilisation de ces fonds."
Elle s'est dit " indignée que les entreprises aient pu prélever des sommes destinées à constituer des caisses noires contre les grèves des salariés, contre la CGT, et pour obtenir des amendements à l'Assemblée Nationale, ou pour soutenir tel ou tel candidat politique".
Quant à François Chèreque, CFDT, au micro de France Info, il déclarait : " En montrant du doigt les syndicats, on voulait cacher d'autres financements par l'IUMM, en particulier les financements politiques."
François Fillon, au micro d'Europe 1 précisait ce matin : " Je veux rappeler qu'il y a une instruction judicaire en cours et que le rôle du Premeir minnistre, le rôle des membres du gouvernement, ce n'est pas de se substituer à la justice." (ça ou rien ...)
A mon avis, hommes politiques, partis politiques, syndicats, patronat, tous ont dû bénéficier de la Caisse noire de l'IUMM.
A suivre.
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