L'AIEA définie 3 stratégies de démantèlement des centrales

Le démantèlement différé :
les parties de l'installation contenant des substances radioactives sont maintenues ou placées dans un état sûr pendant plusieurs décennies avant que les opérations de démantèlement ne commencent ( les parties conventionnelles de l'installation peuvent être démantelées dès l'arrêt de l'installation ) ;
Les démantèlements actuels souffrent déjà souvent des incertitudes liées à la perte de mémoire des installations. Le démantèlement différé pose également la question de la surveillance et du maintien en état des installations.
Le confinement sûr :
les parties de l'installation contenant des substances radioactives sont placées dans une structure de confinement renforcée ( cocon ) durant une période suffisamment longue pour atteindre un niveau d'activité radiologique suffisamment faible pour permettre la libération du site ( les parties conventionnelles peuvent être démantelées dès l'arrêt de l'installation ) ;
Le démantèlement immédiat :
dans ce cas, le démantèlement de l'installation est engagé dès la fin de l'exploitation, sans période d'attente.
Les pratiques internationales diffèrent d'un pays à l'autre.
Aujourd'hui, l'ASN, ( Autorité de sûreté nucléaire ) recommande que les exploitants des installations nucléaires de base françaises s'engagent dans des stratégies de démantèlement immédiat.
Le Japon, Les États-Unis, la Corée du sud, la Suède, l'Allemagne, l'Espagne, ont opté pour cette formule.
L'AIEA ou l'Agence pour l'Energie nucléaire de l'OCDE , sont aussi favorables au démantèlement immédiat.
La planification et la mise en oeuvre des programmes de démantèlement s'étalent sur des durées très longues et nécessitent la mobilisation de fonds financiers importants.
La loi fixe les modalités qui permettent de s' assurer de la pérennité et de la disponibilité des fonds au moment requis.
Le démantèlement nécessite la disponibilité de filières de gestion permettant l'élimination des déchets générés par les opérations de démantèlement, ou a minima leur entreposage temporaire.
Le démontage des équipements et l'éventuelle démolition des bâtiments constitutifs des installations nucléaires produisent des déchets très faiblement actifs ( TFA ) en quantité importante.
Mais certains déchets de faible activité à vie longue , issus du démantèlement des réacteurs de 1ère génération, ne disposent pas pour l'instant de filière d'élimination. Il en est de même pour les déchets de haute activité à vie longue.
Les démantèlements actuellement engagés concernent tous les types d'installation : réacteurs de puissance ou de recherche, laboratoires , installations de traitement de déchets, usines de retraitement de combustibles, etc...
Dans le cas de réacteurs UNGG, une période d'attente allant de 80 à 100 ans serait nécessaire afin de pouvoir procéder au démantèlement de façon manuelle.
L' ASN recommande la mise en oeuvre de pratiques d'assainissement et de démantèlement visant à atteindre un état final pour lequel la totalité de substances dangereuses, y compris non - radioactives, a été évacuée de l'installation nucléaire.
La totalité des déchets générés doit être évacuée et l'installation à l'issue de son démantèlement ...
L'ASN estime que des dispositions doivent être prises afin de conserver la mémoire de la présence d'une ancienne installation nucléaire sur les parcelles concernées. ( source : ASN )
Ci-dessous, j'ai trouvé un article sur le démantèlement d'une centrale ; je pense , comme l'auteur de l'article, que le démantèlement des centrales nucléaires est mal parti et qu'il faut surveiller de plus près !!!
Le rapport de l’Autorité de Sûreté Nucléaire sur le chantier de démantèlement de la centrale de Brennilis publié le 20 juin 2007 révèle un inimaginable et dangereux bricolage : des fûts corrodés, une comptabilité approximative des tonnages de déchets entreposés ou évacués, une "incohérence totale" des données chiffrées, des taux de radioactivité sous-évalués, des zones dangereuses mal protégées, des produits mal étiquetés… . Un véritable fiasco !
Pourtant, dans les premiers mois du chantier, ses promoteurs ne manquaient pas de le faire visiter en soulignant leur professionnalisme : les sécurités étaient doublées, les espaces de travail bien séparés, pas un déchet sans son "code-barre" et son suivi informatique. Ce chantier serait un modèle du genre !
C’était aussi la promesse faite par les responsables dès 1995 au moment de la première enquête publique. Souvenons nous que EDF proposait d’attendre 50 ans avant d’attaquer le cœur du démantèlement et que c’est la Direction de le Sûreté des Installations Nucléaires (DSIN), le "gendarme du nucléaire" de l’époque qui avait demandé d’accélérer le processus pour en faire une "vitrine du savoir-faire français".
"Ce sera une opération exemplaire" pouvait-on lire à l’époque dans la presse. "Les étrangers doivent nous envier" déclarait le responsable du site "cette opération très réfléchie, très étudiée, doit fournir une véritable carte de visite à l’étranger". Et ses promoteurs de lorgner vers les marchés des centrales en fin de vie et en particulier, après Tchernobyl, celles issues de la technologie soviétique. Brennilis devait permettre à la France de "prendre de l’avance sur la concurrence mondiale".
"L’étranger" mais aussi les riverains et les travailleurs embarqués dans cette galère savent à présent à quoi s’en tenir !
"On ne laissera pour autant pas faire n’importe quoi"avait dit le préfet du Finistère de l’époque, "EDF, le CEA, les grandes entreprises et l’ensemble des intervenants ont déclaré leur intention de faire de cette opération une vitrine. Il faudra y veiller".
Mais ce préfet, M. Christian Frémont, muté dans un autre département, n’était bientôt plus là pour "veiller". Aujourd’hui qu’il est directeur du cabinet du ministre de l’écologie, il ne peut pas se désintéresser de cet accablant dossier.
Gérard Borvon