Libération d'Ingrid Bétancourt , les autres versions
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Je le mentionne, car peu de médias parlerons de cet aspect de sa personnalité.
Lors de sa conférence de presse, elle a aussi insisté sur la nécessité de " changer le monde " !
C'est en ce XXIème siècle le but à atteindre , et Ingrid Bétancourt, n'en doutons pas, agira dans ce sens.
Ces versions sur la libération d'Ingrid Bétancourt et des autres otages se complètent, plutôt qu'elles ne se contredisent.
4 juillet 2008
Ingrid Betancourt et 14 otages des FARC n’auraient pas été libérés au cours d’une action militaire, mais achetés au terme d’une opération de retournement et d’infiltration de leurs gardiens. Une information exclusive de la RSR.
Une source fiable, éprouvée à maintes reprises au cours de ces vingt dernières années, a fourni des détails à notre collègue Frédéric Blassel. Selon elle, le montant de la transaction est de quelque vingt millions de dollars.
C’est l’épouse du gardien des otages, aperçue par Ingrid Betancourt nue et bâillonnée au pied de l’hélicoptère, qui a servi d’intermédiaire depuis son arrestation par les forces régulières colombiennes. Elle a permis d’ouvrir un canal de négociations avec les preneurs d’otages et d’obtenir de leur gardien, Geraldo Aguilar, qu’il change de camp. L’opération armée serait une mascarade
A l’origine de la transaction, les Etats-Unis, qui comptaient trois agents du FBI parmi les quinze otages. En principe, le FBI n’intervient pas à l’étranger, mais les trois agents avaient été prêtés par l’agence à la DEA, l’Agence américaine fédérale de lutte contre le trafic de drogues. Avec l’Afghanistan, la Colombie est en effet l’une des deux principales bases d’intervention de la DEA à l’étranger.
Cette libération, arme au poing et façon opération Ninja, ne serait donc qu’une vaste mascarade. L’élément qui a déjà mis la puce à l’oreille de nombreux observateurs, c’est qu’elle s’est déroulée sans la moindre anicroche, on peut dire comme sur du papier à musique. Même les otages ont été dupés, semble-t-il, dans un premier temps, par cette mise en scène.
Enfin, hormis de rares images, aucune vidéo complète de l’opération n’a été diffusée, alors qu’en général ce type d’opération est toujours filmé de bout en bout par un membre du commando. Puisque l’opération a été un succès, pourquoi cette vidéo n’a-t-elle pas été diffusée ? Les raisons d’une mise en scène
Cette fiction permet au président colombien Alvaro Uribe de s’en tenir, du moins officiellement, à sa ligne dure, qui exclut toute négociation avec les rebelles, aussi longtemps que les otages ne sont pas libérés. Il ne faut pas oublier que les FARC détiennent encore des centaines de personnes, moins fameuses qu’Ingrid Betancourt.
Ensuite, le chef de l’Etat colombien voulait pouvoir décider du Jour J où cette libération interviendrait, et ce en fonction de son propre agenda politique. Il y a dix jours, Alvaro Uribe a en effet demandé au Congrès colombien de convoquer immédiatement de nouvelles élections présidentielles anticipées, et ce coup d’éclat lui permet à présent de redorer son blason d’homme fort du pays.
Le timing est parfait, alors que les rebelles des FARC n’ont jamais été aussi faibles sur leur propre terrain, celui de la guérilla.
RSR
Pascual Serrano nous montre qu’il existe « des doutes sur le fait que l’armée colombienne a intercepté la libération pour la présenter comme un succès du gouvernement. Les FARC déjà avaient exprimé aux délégués européens avec lesquels ils s’étaient réunis leur volonté de libérer les rebelles ».
Bien que le Ministre de la Défense colombien, Juan Manuel Santos, ait présenté comme une brillante opération des service de renseignements militaires la libération d’Ingrid Betancourt et de quatorze autres prisonniers des FARC, la réalité est que cela s’est produit justement quand deux délégués européens, le français Noel Sáez et le suisse Jean Pierre Gontard, étaient entrés en contact avec la direction de la guerilla pour mettre en oeuvre la libération. Les FARC avaient déjà exprimé leur intention à cet égard et le gouvernement avait autorisé les contacts qu’il suivait de très près.
Le premier juillet dernier, un communiqué de l’Exécutif colombien, lu par le secrétaire de presse du palais présidentiel, César Mauricio Velásquez, signalait que deux émissaires européens « étaient entrés en Colombie au cours des derniers jours et avaient demandé au Gouvernement l’autorisation pour se déplacer en vue d’une rencontre directe avec le secrétariat (cúpula) des FARC, autorisation que le gouvernement a accordée ».
Le journal espagnol El País a également repris l’information le même premier juillet.
« Selon les médias colombiens, Bogotá a autorisé la réunion de deux négociateurs européens pour revoir les conditions pour de futures rencontres pour discuter le sort des prisonniers des FARC. L’ancien consul de France à Bogota, Noël Sáenz, et le diplomate suisse Jean-Pierre Gontard sont partis au début de la fin de la semaine passée jusqu’à un point de rencontre dans les montagnes que le gouvernement n’a pas facilité et ils auraient pu s’être déjà réunis là avec les membres du secrétariat de la guérilla, le principal organe de direction, y compris avec le nouveau dirigeant des FARC, Alonso Cano. »
Selon ce journal :
Les FARC se sont déclarés disposés à libérer 40 prisonniers, dont Bétancourt (elle a aussi la nationalité française), trois étasuniens ainsi que d’autres politiciens, policiers et membres de l’Armée colombienne, en échange de prés de 500 guérilleros prisonniers. Parmi les prisonniers que les FARC souhaitent voir libérer, il y a trois extradés aux Etats-Unis. Parmi eux, Ricardo Ovidio Palmera dit "Simón Trinidad".
Selon le journal français Le Figaro, l’émissaire français Noel Sáez et le suisse Jean-Pierre Gontard s’étaient réunis lundi dernier dans la jungle colombienne avec une personne proche du nouveau chef des Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia (Farc), Alfonso Cano.
Déjà deux semaines auparavent, des sources proches de l’Elysée avaient indiqué que la France avait établi avec succés un contact avec le nouveau secrétaire des FARC, même si l’ambassadeur français en Colombie l’avait démenti alors.
En Colombie, le journal El Tiempo, proche du gouvernement, a reconnu que deux délégués internationaux avaient pu se réunir avec Alfonso Cano :
Les chargés de mission sont le français Noel Saez et le suisse Jean Pierre Gontard, autorisés par le Gouvernement pour la négociation avec le groupe rebelle dans la recherche de la libération des prisonniers.
Une source de Casa de Nariño a confirmé que « depuis trois jours les deux européens avaient entamé les actions pour concrétiser la rencontre » dans une zone non déterminée.
La même source n’avait pas écarté la possibilité que la réunion ait eu lieu avec le chef guérillero qui avait remplacé Manuel Marulanda Vélez dit "Tirofijo", qui est mort au mois de mars dernier.
Ceci signifierait que les voies de communication des FARC, pratiquement fermés depuis la mort de Raúl Reyes, le premier mars dernier, ont commencer à s’ouvrir de nouveau.
Le Gouvernement a donné des garanties.
"Le gouvernement a garanti aux deux négociateurs de faciliter leurs contacts. Ils leur donnèrent les facilités pour que la réunion soit un succès » précisa le fonctionnaire.
De la même source de la Casa de Nariño, on a appris aussi que les deux diplomates allaient demander aux FARC d’accepter la proposition d’une zone de rencontre pour entamer des discussions autour d’un éventuel échange humanitaire.
La version du gouvernement colombien sur la libération est que les militaires infiltrés dans la guérilla avaient trompé le commandant César des FARC en l’incitant à regrouper les otages et les faire monter dans un hélicoptère qui en fait était celui de l’Armée camouflé, faisant croire au commandant guérillero qu’ils se rendaient là où ils rencontreraient Alfonso Cano, le plus haut chef des FARC. Le doute qui germe sur cette version est de savoir si les guerilleros qui surveillaient les prisonniers avaient déjà reçu des consignes sur l’imminence d’une libération, ce qui expliquerait leur collaboration si naive à une transaction si suspecte. Ou jusqu’à quel point la libération avait déjà fait l’objet d’un accord entre la direction des FARC et les médiateurs envoyés par la France et, au dernier moment, l’armée colombienne a intercepté la libération pour la présenter comme une opération militaire victorieuse.
En réalité, il s’agirait d’une opération similaire à ce qui s’est passé lors du bombardement du campement de Raúl Reyes en Equateur. Dans le premier cas, le gouvernement colombien a vu que la libération était en cours et a préféré éliminer militairement les porte-paroles de la guérillera quitte à faire capoter la libération, tandis que dans ce cas-ci, ils ont intercepté l’opération en pilotant eux-même la libération pour la présenter comme un succés exclusivement militaire et gouvernemental.
Par Pascual Serrano www.pascualserrano.net
03/07/08
traduit pour socio13par Danielle Bleitrach, édité par Le Grand Soir