Les objectifs de Nicolas Sarkozy pour l'agriculture
Michel Barnier annonce la redistribution de 1,4 milliards d'aide aux filières en difficulté.
Mais les céréaliers ne veulent pas que les aides soient prélevées sur leur budget ! Les chambres d'agriculture ont elles, bien accueillies le projet. Pour la FNSEA " certaines attentes ont été satisfaites mais des craintes n'ont pas été levées : " Le rééquilibrage des revenus va dans le bon sens " mais " cela passera si les cours du blé sont au-dessus de 150 euros en 2010. Sinon il faudra revoir ce réaménagement ". !
Pour la coordination rurale, c'est un recul inquiétant des ambitions de la France pour sa politique agricole ".
La Confédération paysanne a bien accueilli l'aide à l'élevage, en particulier aux ovins.
576 millions d'euros n'ont pas encore été redistribués.
Pourquoi pas au BIO ?
Il est necessaire de répartir les aides entre céréaliers et éleveurs de façon plus juste.
J'entendais ce matin sur RMC, dans l'émission de Jean Jacques Bourdin ( que je vous recommande ), qu'un céréalier percevait 80 000 euros d'aide de l'Europe pour 200 hectares cultivés, ce qui représentait 40% de ses revenus mais il ne s'en sortait pas !!!
Quand on sait que certains paysans n'ont jamais perçu d'aide, il est temps de redistribuer. il est aussi indispensable de revoir le prix de vente des animaux, du lait, etc...au départ de la ferme, pour que les agriculteurs puissent vivre correctement de leur travail. Quand on voit le prix de la viande dans la grande distribution et le prix d'achat à l'agriculteur, c'est là qu'est le problème.
Mais si l'argent redistribué va à l'élevage intensif au lieu d'un élevage de qualité et respectueux de l'animal, ce n'est pas la solution.
Dans son discours sur l'agriculture, ci-dessous, Nicolas sarkozy n'aborde ni la souffrance animale, ni les conditions de vie des animaux des élevages en batterie. Pourquoi ne pas le supprimer définitivement ?
Discours de Nicolas Sarkozy sur l'agriculture :
" Les négociations au sein de l'organisation mondiale du commerce doivent repartir sur des bases saines et des objectifs clarifiés.
Il y a un milliard de personnes qui souffrent de la faim dans le monde.
Toutes les 30 secondes, il y a dans le monde un enfant qui meurt de faim.( C'est toutes les 5 secondes ).
On n'a pas besoin de moins de productions agricoles, on a besoin de plus de productions agricoles. Il y a un hectare de terres cultivées qui disparaît toutes les sept secondes et demi de la planète, alors qu'un bébé naît toutes les 3 secondes.
La seule réponse à cette crise alimentaire mondiale est donc de doubler la production alimentaire d'ici à 2050 tout en préservant la planète.
Je crois dans l'avenir d'une agriculture de production.
Parallèlement, l'Europe assiste depuis deux ans à une volatilité des prix agricoles invraisemblables.
Au G8, je demanderai d'aller plus loin dans la mise en oeuvre du partenariat mondial pour l'agriculture et l'alimentation.
Je veillerai à la création, avant la fin de l'année, d'un groupe international de scientifiques, sur le modèle du Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'évolution du climat, le GIEC.
Il devra établir un diagnostic sur le fonctionnement des marchés des matières premières agricoles et sur l'évolution de la sécurité alimentaire, produit par produit, région par région.
Je combattrai toute tentative de ravaler les agriculteurs au rang " d'aimables jardiniers de la nature " !!
Quand on voit ceux qui le proposent, je ne leur ferai pas confiance ! ( ? ) ; Ou de cantonniers à temps partiel de nos paysages...Après 40 ans, les prix agricoles ont été divisés par deux et les prix de nos aliments n'ont baissé que de 14%...
Il faut lutter contre les importations à bas prix, organiser des filières structurées.
La mise en oeuvre d'un fonds d'indemnisation sanitaire permettra de mieux gérer les conséquences des crises sanitaires.
Je demande à Michel Barnier et à Christine Lagarde de faire en sorte que soit engagée dès 2010 une expérimentation élargie des assurances contre les aléas économiques en agriculture.
La France est le 2ème exportateur mondial de produits agricoles, le premier exportateur mondial pour les produits agricoles transformés.
Nous allons accroître en 2009 les financements à l'installation qui atteindront 350 M€ par an, l'objectif est d'installer 7000 jeunes par an.
La revalorisation des petites pensions et le maintien du pouvoir d'achat des retraités agricoles est cruciale...on va mettre un filet de sécurité pour les 230 000 retraités les plus modestes, dont la carrière agricole a été incomplète.
Il faut créer les conditions d'une agriculture française encore plus fortement exportatrice.
Il faut placer la recherche et l'innovation au coeur de notre stratégie agricole. En réalisant, en novembre dernier, la première carte physique d'un chromosome de blé, la France est à la pointe de la recherche agronomique en Europe.
La réduction de l'utilisation des produits phytosanitaires a fait l'objet d'un accord. J'ai demandé à Michel Barnier d'élaborer un plan pour un nouveau modèle agricole en 2020.
La réduction de la dépendance énergétique des exploitations agricoles, le maintien des surfaces en herbe - capital -, le développement de pratiques plus respectueuses de l'environnement constituent autant de mesures importantes prises par l'agriculture pour respecter notre environnement.
Ce plan " Objectif terres : 2020 " comporte 60 mesures.
Je voudrais présenter dans les prochaines semaines un plan de valorisation et de mobilisation du bois.
Nous avons les plus grandes forêts d'Europe.
Cette forêt a augmenté de 50% et nous sommes importateurs pour 6 milliards d'euros par an de bois.
Est-ce que c'est raisonnable ?
Le premier objectif, c'est d'assurer la sécurité alimentaire de près de 500 millions de consommateurs européens.
Les pays non producteurs agricoles peuvent nous rejoindre sur le thème de la sécurité alimentaire de leurs consommateurs. Le deuxième objectif, c'est de participer aux équilibres alimentaires mondiaux.
Le troisième objectif, c'est de contribuer à la lutte contre les changements climatiques.
Pour être légitime, la politique agricole commune de 2013 doit s'appuyer sur :
- une préférence communautaire renouvelée.
Une gestion des marchés ( en responsabilisant davantage les agriculteurs et les filières ) ;
- un soutien accru à une meilleure organisation économique des filières ;
- un soutien différencié permettant le maintien de l'activité de production dans les territoires fragiles, en particulier dans les zones herbagères et de montagnes ;
- un soutien renforcé à l'agriculture de production respectueuse de l'environnement.
Un projet de loi de modernisation de l'agriculture et du secteur agro-alimentaire sera déposé par le Gouvernement avant la fin de l'année.
Cette loi tracera de nouvelles perspectives pour l'agriculture, l'alimentation et le secteur agro-alimentaire français.
Cet exercice se fera, je le dis au ministre, dans le budget 2010 du ministère de l'agriculture et de la pêche pour financer la PAC.
Je vous demande trois choses :
- la mise en place dès 2010 d'un soutien économique renforcé pour l'élevage situé en zones herbagères ;
- une gestion renforcée des risques climatiques et sanitaires ;
- une revalorisation de l'indemnité compensatoire de handicap naturel, pour soutenir l'agriculture située en zone de montagne. C'est très important qu'on garde les capacités de production en zone de montagne.
Le 23 février prochain, Michel Barnier présentera les orientations détaillées du bilan de santé de la PAC qui s'appliqueront dès 2010.