L'Europe ne fait plus rêver les citoyens

Publié le par roselyne

 L'Europe se fait-elle sans nous ?!

C'est le sentiment qui ressort après la lecture des réactions des dirigeants européens suite au "non" irlandais.
" La ratification du traité de Lisbonne continuera et on aménagera  des dispositions particulières pour  les  4,2 millions d'Irlandais " déclare Bernard  Kouchner, qui   affirmait déjà avant le vote : " que les Irlandais seraient les premières victimes s'ils votaient " non " et " qu'ils en ont profité plus que les autres". Catégorique et mesquin, non ?
 La petite Irlande ne fait pas le poids face à la technocratie européenne ; les citoyens européens non plus , puisque  la ratification de ce traité ne passe pas par eux mais par les Parlements. Vous me rétorquerez que les députés nous représentent, mais justement, à force d'être " représentés " les citoyens ne pèsent plus grand chose.
Et que dire de la Commission, l'instance toute puissante qui décide de tout , et 
dont les membres ne sont pas élus ? Seuls quelques uns décident pour nous.
Ce traité doit être ratifié par les peuples de l'Europe, en organisant un référendum européen le même jour dans toute l' Europe, pour que les citoyens se sentent partie prenante et associés au projet européen.
Mais quel  est ce projet ?
Il est temps de le définir dans tous les domaines : social,  recherche, éducation, économique, écologique, institutions , défense, etc ...
Je propose que nous y réfléchissions tous, qu'un livre " blanc " soit publié pour définir les grandes orientations européennes  des prochaines années. Les citoyens veulent savoir où on les entraîne et prendre part aux décisions.
 J'aimerai pouvoir lire dans 6 mois, avec tous les européens,  un livre intitulé  :  " Le projet pour l'Europe " auquel nous pourrions participer. 

Les réactions des dirigeants :

Déclaration franco-allemande suite au résultat du référendum Irlandais.

" Nous prenons acte de la décision démocratique des citoyens irlandais avec tout le respect qui lui est due, même si nous le regrettons.
Le Premier ministre Irlandais nous a informé aujourd'hui même du résultat du référendum et donnera son analyse des raisons de ce vote lors du Conseil Européen des 19-20 juin.
Il appartiendra au Conseil européen de tirer les conclusions souhaitables.
Le Traité de Lisbonne a été signé par les chefs d'état ou de Gouvernement des 27 États membres et la procédure de ratification est déjà achevée dans 18 pays. Nous espérons que les autres États membres poursuivront le processus de ratification.
Nous sommes convaincus que les réformes contenues dans le Traité de Lisbonne sont nécessaires pour rendre l'Europe  plus démocratique et plus efficace et qu'elle lui permettront de répondre aux défis auxquels sont confrontés les citoyens ."

 Pour José Manuel Barroso, le Président de la  Commission européenne : " Le traité de Lisbonne n'est pas mort, et les dirigeants européens devront décider lors du sommet européen comment continuer ".
" En aucun cas l'Europe ne peut être freinée dans son élan " déclare le Premier ministre belge.
Il  convient d'examiner les possibilités existantes pour assurer quand même l'entrée en vigueur du traité et y associer l'Irlande." A - t-il ajouté.
 Pour le ministre des affaires étrangères italiens : " Il s'agit d'un coup grave à la construction européenne , mais l'Europe ne doit pas s'arrêter ", idem pour les espagnols.

D'autres sont plus sceptiques  :  " Il est clair que le traité n'entrera pas en vigueur le 1/1/2009 " déclare Jean-Claude Yuncker, Premier ministre Luxembourgeois et dirigeant européens.
L'Autriche invite " à la  prudence " pour les prochaines étapes, et seul le Président Tchèque Vaclav Klaus, déclare " que le projet de traité de Lisbonne " a pris fin.
 On peut déjà le rassurer !  Il n'en est rien ! Mais je ne pense pas que ce soit une réelle  bonne nouvelle. Il faudra écouter et " associer l'Irlande " comme le dit le Premier ministre belge   et tenir compte du " non " irlandais pour avancer vers  une Europe plus démocratique et non pas seulement " aménager des conditions particulières " pour l'Irlande, comme le dit Bernard Kouchner, ce qui n'est pas la même chose.

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Publié dans L'Europe en questions

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