Les coopératives ouvrières : la solution

Publié le par roselyne

    
Les coopératives ouvrières de production : une solution  à développer.
 " Ouvriers, ne vous laissez pas déposséder de votre outil de travail ".

Scop (Société coopérative ouvrière de production)  coopération de production aujourd'hui.

 Les SCOP concernent aujourd'hui en France des secteurs d'activités très diversifiés et des entreprises de toutes tailles, de la TPME à la grande entreprise de plusieurs centaines de salariés, à l'instar du Groupe Chèque Déjeuner, ou d'Acome (plus de 1000 salariés). D'autres entreprises connues sont en Scop, comme les journaux Alternatives Economiques et Les Dernières Nouvelles d'Alsace, l'école de conduite ECF CERCA, la société de jouets « Moulin Roty », la COPRA en Auvergne, ...

En 2004, selon la CGSCOP :

  • La France comptait 1700 SCOP dans laquelle travaillaient plus de 36000 salariés ;
  • La taille moyenne des Scop est de 21 salariés ;
  • Près de 60% des salariés en Scop sont aussi associés.

Toujours selon la CGSCOP, le mouvement coopératif de production représente plus d'un million de salariés en Europe, répartis en 80 000 « coopératives de travail et entreprises participatives autogérées ». L'Espagne est notamment un pays où la coopération est très présente, avec le groupe coopératif Mondragón, au pays basque, très diversifié et qui compte 80 000 salariés dont 35 000 associés.

Enfin, au niveau mondial, selon l'ACI (Alliance Coopérative Internationale), la coopération de production compterait 800 Millions de sociétaires, dont 550 000 coopératives agricoles. ( source : Wikipedia )

Plus communément appelée Scop, la société coopérative ouvrière de production est créée par des salariés associés* qui entendent exercer collectivement la fonction d’entrepreneur. Société commerciale, la Scop est régie par la loi de 1978 qui réglemente le nombre minimum d’associés, la répartition des pouvoirs selon le statut (société à responsabilité limitée ou société anonyme) et la répartition des bénéfices dont une partie est consacrée à la participation* des salariés…

Aujourd’hui, les SCOP (dont 60 %  des salariés sont associés -  80 % d’entre eux après deux ans d’ancienneté)  ont généré un chiffre d’affaires de 3,2 milliards d’euros en 2004. Les services représentent 46 % des Scop et 40 % des emplois (services matériels comme le transport, le nettoyage, la restauration, etc., et services intellectuels dans l’éducation, le conseil, la santé, la culture, etc.). Le BTP représente, quant à lui, près du tiers des emplois.

Trois grandes fédérations professionnelles (BTP, industrie-métallurgie, communication) et douze unions régionales complètent les services et les animations proposés par la confédération nationale Scop entreprises*.

La taille moyenne des Scop – 22 salariés – tend à s’accroître : après une phase de fort renouvellement par la création de Scop de petite taille, on assiste aujourd’hui à un renforcement des Scop de taille moyenne (de 10 à 50 salariés), alors que les Scop de plus de 50 salariés regroupent plus de 50 % de l’emploi total. Si le taux de sociétariat est inversement proportionnel à la taille, car favorisé par la proximité sociale et professionnelle, les Scop combinent différentes formes de démocratie* (représentative et participative*) afin de soutenir l’apprentissage collectif, formalisé ou non.

La particularité des Scop s’exprime également dans le partage des bénéfices : les Scop n’en consacrent qu’une part minime (12 %) à la rémunération du capital, alors que le reste est soit mis en réserve et investi (44 %), soit ristourné* aux salariés sous forme de participation (44 %).

Entreprises démocratiques, basées sur un fort investissement professionnel, les Scop permettent de répondre aux aspirations de salariés désireux de maîtriser leur avenir professionnel ; mais elles peuvent également questionner, voire transformer, les conditions d’exercice de certaines professions dans lesquelles la dérégulation détériore les conditions de travail. Au-delà de leur secteur d’activité, elles s’inscrivent de plus en plus dans la dynamique des territoires*, du fait de l’essor de leurs activités plus « relationnelles » (insertion-formation, conseil…) et de leur ancrage territorial appuyé par leurs réserves impartageables, à l’opposé de la financiarisation déterritorialisée.



 

Danièle Demoustier, économiste


 

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Publié dans économie

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